Licencier par recommandé électronique : c’est autorisé selon la DGT

PARIS, 30 octobre 2018 – Le décret du 9 mai 2018 relatif à l’envoi de lettres recommandées électroniques a-t-il ouvert la voie à la notification dématérialisée de la rupture du contrat de travail ? Selon la Direction générale du travail (DGT) que nous avons interrogée, la question ne se pose même pas : la résiliation du contrat de travail par ce moyen est en fait permise depuis le 5 février 2011 !

Convoquer un salarié à un entretien préalable au licenciement ou notifier ledit licenciement : ces démarches peuvent être effectuées par l’envoi d’une lettre recommandée électronique, nous a indiqué la Direction générale du travail (DGT), à condition de respecter la réglementation applicable. Cette dernière évoluera d’ailleurs, à compter du 1er janvier 2019, en vertu du décret n° 2018-347 du 9 mai 2018.

Utilisation du recommandé électronique dans les relations de travail

Le recommandé électronique peut être utilisé pour tous les actes relatifs à l’exécution d’un contrat, y compris sa résiliation, et ce depuis l’entrée en vigueur du décret n° 2011-144 du 2 février 2011 « relatif à l’envoi d’une lettre recommandée par courrier électronique pour la conclusion ou l’exécution d’un contrat ». Peu importe le nom ambigu dudit décret qui semble exclure la rupture du contrat du champ du recommandé électronique. Le ministère de la Justice a confirmé dans une réponse à une question écrite d’un député que ce décret s’applique également à la résiliation d’un contrat (QE n° 191, JO 11 juin 2013). Pour la Direction générale du travail, cette réponse est applicable à tout contrat, y compris de travail. Depuis, la loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique et son décret d’application du 9 mai 2018 (qui abroge le décret de 2011) ont supprimé toute ambiguïté. Le principe est le suivant : « l’envoi recommandé électronique est équivalent à l’envoi par lettre recommandée » (CPCE, art. L. 100).

Recueil préalable du consentement du salarié : pas dans le contrat

L’employeur, doit avoir recueilli le consentement préalable du salarié à recevoir des envois recommandés électroniques. Selon la DGT, le consentement du salarié ne peut pas être recueilli au moyen d’une clause du contrat de travail. En effet, le salarié doit pouvoir librement et à tout moment revenir sur son accord de principe sans dépendre de l’accord de l’employeur. Or, une modification du contrat de travail nécessite l’accord des deux parties. Ce consentement doit donc être recueilli par un autre moyen permettant d’en apporter la preuve : par exemple une lettre remise en main propre en deux exemplaires contre décharge ou recommandée avec avis de réception. De tels moyens permettant également au salarié de notifier le retrait de son consentement.