Médecins intérimaires: un syndicat appelle au boycott des hôpitaux publics

PARIS, 24 mai 2018 (AFP) – Un syndicat de médecins remplaçants appelle à « éviter » les hôpitaux publics, tenus de plafonner le salaire des praticiens intérimaires depuis le début de l’année, et diffuse une « liste noire » des établissements qui ont commencé à appliquer cette règle.

La liste, consultée par l’AFP, recensait jeudi 45 hôpitaux, dont ceux de Caen, Grenoble, Orléans et Strasbourg, auxquels le Syndicat national des médecins remplaçants en hôpitaux (SNMRH) reproche des « tarifs horaires inférieurs à 65 euros de l’heure ».

Créée fin mars, cette organisation conteste le décret limitant la rémunération des médecins intérimaires à 1.404,05 euros brut pour 24 heures. Ce plafond doit ensuite être abaissé à 1.287,05 euros en 2019, puis 1.170.04 euros en 2020.

La mesure vise à réduire le coût de l’intérim médical à l’hôpital public, qu’un rapport parlementaire chiffrait fin 2013 à 500 millions d’euros par an.

Parfois qualifiés de « mercenaires » profitant de la pénurie de praticiens hospitaliers pour faire flamber leurs tarifs, les intérimaires « ne peuvent accepter d’être désignés comme les boucs émissaires des difficultés et du déficit des hôpitaux publics », selon le SNMRH.

Dans un courrier adressé début avril à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, le syndicat prévenait qu’il « demanderait à tous les médecins remplaçants d’éviter la collaboration avec les hôpitaux appliquant le décret ».

Sollicité par l’AFP, le ministère n’a pas souhaité faire de commentaires.

Une instruction a cependant été transmise aux agences régionales de santé (ARS) fin décembre pour « faire remonter toutes les éventuelles difficultés dans la mise en oeuvre » de cette mesure.

Le ministère a par ailleurs saisi l’Ordre des médecins, qui a fait savoir qu’il n’avait « pas vocation à intervenir dans une action collective de confrères mécontents d’une réglementation limitant leurs rémunérations », selon un courrier envoyé au SNMRH fin avril.

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