Restructuration du service après-vente de Cora: accord conclu sur le plan social

PARIS, 2 février 2018 (AFP) – Un accord sur un plan social, finalement enclenché chez Cora neuf mois après l’annonce de la restructuration de son service après-vente, a été conclu entre la direction et une majorité des syndicats, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

Cet accord a été validé par quatre syndicats représentatifs (CFTC, FO, CFDT, CFE-CGC), la CGT ayant annoncé qu’elle ne le signerait pas, ont indiqué à l’AFP la direction du groupe et des sources syndicales.

Le distributeur, groupe familial non coté en Bourse, avait annoncé en avril la suppression, pour raison économique, de son SAV dans les hypermarchés, soit 543 salariés touchés, dont 198 techniciens. Mais il n’avait alors pas enclenché de plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), tablant sur des « repositionnements » internes.

Toutefois, selon les témoignages de plusieurs salariés recueillis par l’AFP, une grande partie des postes proposés « de façon plus ou moins forcée » aux salariés concernés ne correspondaient pas à leurs compétences, et notamment à celles des techniciens. Des postes « totalement différents », comme pâtissier, boucher ou épicier, et « inférieurs à nos niveaux de qualification », avait expliqué Alain, lui-même technicien.

Face à cette situation, 34 techniciens avaient saisi la direction fin août à propos d’un plan social, finalement lancé en janvier. Il devrait concerner 84 salariés. Les autres ont soit signé un avenant à leur contrat de travail – 366 selon la direction ont « accepté une évolution de leur métier » -, soit quitté l’entreprise.

Les premières mesures mises sur la table par la direction, jugées « indécentes », avaient laissé les salariés concernés, qui comptent 21 ans d’ancienneté en moyenne, très amers.

« L’intersyndicale a obtenu de nettes améliorations, même si nous espérions plus », ont souligné les syndicats CFTC, FO, CFDT et CFE-CGC dans un communiqué.

Selon des sources syndicales, l’accord prévoit notamment une aide à la formation de 5.000 ou 15.000 euros selon le type de formation (contre 1.000 euros dans la première mouture) et un congé de reclassement de 8 à 12 mois selon l’âge (cinq mois avant). Il fixe aussi des indemnités supra-légales à hauteur de 4 à 6 mois de salaire en fonction de l’ancienneté. Aucune n’était prévue à l’origine.

« Nous sommes déçus », même s’il est « plus haut que le projet initial », a réagi Alain. « Mais on partait de si bas qu’on se doutait de la remontée de certains curseurs ».

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