Après la convergences des luttes, la juxtaposition des contestations

Pour la première fois, un nombre important de professions libérales mène en même temps, des actions de contestation face aux réformes engagées par le gouvernement. Toutes les familles sont concernées : droit, santé, techniques et cadre de vie.

L’UNAPL qui fédère le secteur est catégorique : certaines des réformes envisagées comportent des risques directs et imminents pour le modèle économique des entreprises libérales concernées, avec à la clé des destructions d’emplois de proximité. Et si elles en sont arrivées à des manifestations, c’est faute de dialogue et d’écoute de la part de l’exécutif.

 

Le projet de loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice mobilise les avocats. Ils ont notamment organisé une journée « justice morte » le 21 mars et une manifestation à Paris le 11 avril dernier pour marquer leur opposition à ce projet, selon eux « dicté par une vision purement gestionnaire », susceptible d’entraîner « une régression des libertés individuelles, un affaiblissement des droits de la défense, comme la limitation drastique des droits des victimes ».

 

Dans le domaine de la santé, les médecins libéraux, les infirmiers et les masseurs-kinésithérapeutes se disent inquiets pour leur indépendance professionnelle et leur rémunération. Autre famille sur le qui-vive : celle des pharmaciens . Encore sous le coup du rapport provocateur et irresponsable de la Cour des comptes préconisant la suppression de près de la moitié des officines, la corporation vit mal les baisses de prix sur les médicaments remboursables sur les prestations et matériels techniques. Plus de 120 000 emplois sont en jeu, laisse entendre l’UNAPL. Les griefs portent aussi sur la mise en œuvre du reste à charge zéro pour l’audioprothèse et sur la délivrance abusive d’orthèses par des professionnels non diplômés.

 

Pour les techniques et cadre de vie, une mesure de simplification envisagée dans la future loi Pacte consiste à supprimer la présence d’un commissaire aux comptes dans les PME, en deçà de 8 millions d’euros de chiffre d’affaires. La profession assure qu’elle pourrait perdre jusqu’à 25 % de son chiffre d’affaires et appelle à manifester le 17 mai. Par ailleurs, l’Autorité de la concurrence a rendu fin février 2018 un avis relatif à des questions de concurrence, portant en particulier sur la définition du champ du monopole dont les géomètres-experts disposent en application de la loi du 7 mai 1946. Last but not least, les professionnels de la maîtrise d’œuvre, architectes, économistes de la construction et ingénieurs-conseils s’inquiètent des conséquences du projet de loi « Évolution du logement et aménagement numérique » (ÉLAN). Les architectes sont même appelés à manifester le 17 mai.