Financement de la Sécurité sociale : les syndicats réagissent au rapport de la Cour des comptes

La Cour des comptes vient de publier son rapport annuel sur l’application des lois de financement de la Sécurité sociale, assorti de recommandations. Parmi celles-ci figurent la lutte contra la désinsertion professionnelle, l’instauration d’un jour de carence ainsi qu’un contrôle des prescriptions d’arrêt maladie, l’amélioration du traitement administratif des congés thérapeutiques, la réduction de la durée d’indemnisation des indisponibilités de longue durée et l’institution d’une nouvelle franchise pour les patients qui font appel à des transports médicaux. Le document appelle aussi à prévenir la pénibilité au travail.

 

La plupart de ces préconisations font hurler FO. Pour elle, « les principales causes de la progression des dépenses d’indemnités journalières sont le recul de l’âge de départ à la retraite, la dégradation des conditions de travail et un défaut de prévention au sein des entreprises. »

 

Le syndicat estime globalement que les propositions de la Cour « vont à rebours de ce dont le monde du travail a besoin, et sont économiquement peu ou pas efficaces : l’instauration d’un jour de carence d’ordre public a été un échec dans les pays qui s’y sont essayés ».  Par ailleurs, « la stigmatisation et le contrôle des prescripteurs sont une atteinte à leur professionnalisme et leur déontologie. Elle participe à leur propre mal-être au travail ».

 

D’accord pour améliorer la prévention de la désinsertion professionnelle, elle conteste les pistes invoquées par les magistrats de la rue Cambon : « sur ces sujets, les propositions de la Cour s’apparentent surtout à des mesures comptables pour réaliser des économies marginales ».

 

Pour l’Unsa, il n’y a pas de doute, « le déficit de la Sécurité sociale aujourd’hui est la conséquence des décisions du Gouvernement ». Tout en reconnaissant que certaines propositions vont « dans le bon sens », l’organisation trouve que la non-compensation des exonérations de cotisations sur les heures supplémentaires et la non-compensation de la modulation du taux de CSG pèsent très lourdement sur les comptes. « Dans ce contexte, il serait inacceptable de faire payer les assurés sociaux ». L’Unsa regrette que le rapport « stigmatise les malades de courte durée alors qu’aujourd’hui ce sont les arrêts de longue durée qui pèsent sur les finances »