Jean-François Naton relance le débat sur la prévention, en librairie

Fin octobre paraîtra en librairie Pour d’autres jours heureux, un essai de Jean-François Naton, consacré à l’avenir de la sécurité sociale, aux Éditions de l’Atelier. Le conseiller confédéral de la CGT, un temps pressenti comme timonier de l’organisation et qui siège au Cese, y décrypte les tourments de la sécurité sociale. En plein débat sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020, sur fond de crise dans les  et dans les établissements d’hébergement des personnes âgées, c’est d’une brûlante actualité.

 

Jean-François Naton  brocarde les politiques libérales qui aboutiront à « “remplacer ces cotisations par l’impôt en réduisant les niveaux de remboursement”, sans résoudre les problèmes que posent les inégalités en matière de santé et d’accès aux soins. Mais il ne se contente pas de critiquer. Il livre sa vision de la protection sociale de dehôpitauxmain, “démocratisée” et “réinvestie” par le monde du travail », à l’opposé de l’institution actuelle, qu’il décrit comme une simple machine à encaisser des cotisations et à verser des prestations, sous la surveillance de dirigeants politiques qui pensent en termes comptables.

 

Le leader cégétiste propose de créer « des maisons du travail et de la santé où s’exprimeraient les besoins des assurés et s’organiserait la réponse des professionnels ». Cet édifice contribuerait à rapprocher les assurés de l’outil qu’ils financent ». Il plaide aussi pour la prévention, maillon faible du système actuel. Elle porterait sur tous les arpents de la société : famille, maladie, vieillesse, travail. Toutes les branches de la Sécu seraient mobilisées dans ce sens, ainsi que les mutuelles.

 

L’auteur est un bon connaisseur du sujet. Non seulement parce qu’il a siégé dans les instances de la caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés, mais aussi parce qu’il est membre titulaire du conseil d’administration de l’Anact et de commissions temporaires du Cese, dont celles qui planchent sur déserts médicaux et la fin de vie. Titulaire d’un DESS analyse pluridisciplinaire des situations de Travail (Aix-Marseille), il avait déjà publié en 2008 A la reconquête du travail (Indigène Edition) et cosigné avec d’autres dirigeants de la CGT dont Catherine Nédélec, Jean-Christophe Le Duigou et Nasser Mansouri-Guilani, Pour quoi nous travaillons ? paru en 2012 aux Éditions de l’Atelier.