La monétisation du compte personnel de formation, un atout encore mal connu

Le groupe BPI publie ce 15 mai la deuxième édition de son Baromètre de l’employabilité. Il en ressort que la monétisation du compte personnel de formation reste mal connue des salariés. Mais ceux qui cernent bien le dispositif comptent s’en servir pour se maintenir up to date.

 

L’insécurité professionnelle s’installe durablement dans les esprits : un salarié sur trois se sent exposé à un risque de perte d’emploi au cours des trois prochaines années, selon la deuxième édition du Baromètre de l’employabilité du groupe de conseil en ressources humaines BPI. Ce ratio reste stable par rapport à la précédente vague de mars 2018 (35 %). Les employés (39 %) et les salariés du secteur privé (38 %) se perçoivent comme étant plus vulnérables sur le marché du travail. À l’inverse, les cadres et les salariés du public se sentent moins exposés : ils sont, respectivement 27 % et 22 % à redouter un accident professionnel.

 

L’autre enseignement de l’enquête concerne la préservation et l’amélioration des compétences, notamment via le compte personnel de formation (CPF). Sur ce plan, la réforme de la formation professionnelle qui prévoit la transformation du compte personnel de formation, désormais crédité en euros et non plus en heures, reste mal connu. Seuls 40 % du panel comprend le mécanisme. BPI précise que les hommes (44 %), les quinquas (53 %), les collaborateurs des grands groupes (41 %) sont proportionnellement plus nombreux à connaître les modalités de cette réforme.

 

Ceux qui cernent bien le CPF envisagent d’utiliser le compte personnel de formation pour une formation destinée à se reconvertir ou à s’adapter aux évolutions de leur métier. Un tiers des salariés ont indiqué vouloir utiliser leur budget pour une formation destinée à une reconversion professionnelle (33 %). À noter que plus de 4 ouvriers sur 10 souhaitent utiliser leur budget pour ce type de formation (42 %). Près d’un tiers des salariés envisage également de suivre une formation destinée à s’adapter aux évolutions de leur métier (32 %). Ce souhait de formation est particulièrement présent chez les salariés âgés de 15 à 29 ans (41 %). Les salariés sont aussi relativement nombreux à vouloir suivre une formation pour renforcer leur expertise (26 %). Ils montrent en revanche moins d’appétence pour les formations destinées à préparer un diplôme (15 %) ou pour les formations relatives aux nouvelles technologies (15 %).

 

Pour Sabine Lochmann, présidente du directoire de  BPI (photo) , « la formation régulière est incontestablement un des leviers permettant de gérer son parcours professionnel, quel que soit l’âge. Les réformes lancées vont faciliter mieux encore l’accessibilité aux formations pour tous les salariés désireux de développer leurs compétences. Encore faut-il qu’ils le sachent et s’autorisent à l’appréhender en confiance ». Elle souligne néanmoins qu’il faut «renforcer l’information sur l’existence du dispositif CPF, ses conditions d’utilisation et bien sûr l’accessibilité aux formations, y compris celles réalisées à distance lorsque le salarié habite dans des zones peu couvertes par les acteurs de la formation ».