Le dialogue social européen reste largement méconnu des salariés

Les salariés méconnaissent le dialogue social européen. Près de la moitié à l’échelle de l’UE et 58% en France ignorent totalement le sujet. C’est le navrant constat d’un sondage réalisé par Odoxa à la demande du groupe de protection sociale Humanis et publié ce 9 janvier.


Seuls 8% des salariés européens ont une connaissance précise du dialogue social européen. Les bons élèves sont l’Italie (14%), le Royaume-Uni (12%) et l’Espagne (10 La France est le pays où le dialogue social européen est le plus méconnu –58% des salariés français affirment en effet « n’avoir aucune idée de ce dont il s’agit ». 47% des Allemands sont dans la même situation.

 

Les salariés européens ont une connaissance limitée de leurs droits. Ils sont à peine plus d’un sur deux à savoir que le dialogue social européen couvre la durée maximale du travail et les congés parentaux et un sur trois à connaitre leurs droits en matière de télétravail et de lutte contre le stress au travail.

 

La question de la pertinence du dialogue social européen fait également débat. De manière générale, les salariés européens estiment que le dialogue social européen est utile pour améliorer leurs conditions de travail (66%), et efficace pour harmoniser les normes sociales et lutter contre le dumping social en Europe (63%). Des doutes subsistent néanmoins sur la capacité du dialogue social européen à être dynamique (52%) et proche des préoccupations des salariés (50%), et une minorité (38%) juge que l’on en entend suffisamment parler.

 

Les Français sont de loin les plus critiques quant à l’efficacité du dialogue social européen, quand les Britanniques sont les plus positifs – sans doute parce qu’il en a été question au moment du Brexit. Si les Britanniques (62%), les Espagnols (61%) et les Italiens (57%) estiment que le dialogue social européen a un impact important sur leurs conditions de travail, les Allemands et les Français sont respectivement 48% et 40% à le penser. De fait, les Allemands (59%) et les Français (58%) privilégient le dialogue social national, quand les Italiens (65%) et les Espagnols (55%) ont à coeur que le développement du dialogue social au niveau européen soit plus actif.

 

Enfin, les salariés européens souhaiteraient plus d’équité : plus des trois quarts d’entre eux aimeraient bénéficier des mêmes conditions de travail – qu’il s’agisse de rémunération (80%), de congés payés (76%), d’horaires de travail (76%) et de conditions de sécurité (74%).