Les entreprises françaises, championnes du monde du dialogue social

Réputée pour ses mouvements sociaux sporadiques, la France est aussi , paradoxalement, reconnue pour  la qualité du dialogue social dans les entreprises.  Sept entreprises tricolores figurent dans le top 10 de celles  qui sont considérées comme les plus « performantes » en matière de dialogue social au monde.  Vallourec,  La banque Postale, Danone, Suez, CNP Assurances, Safran et PSA font partie de celles-là. Et dans les 50 premières, on retrouve 24 sociétés  de l’Hexagone   dont Orange, La Poste,  BNP Paribas, EDF, SNCF, Airbus,  ou encore Arkema et Thales.

 

Ce palmarès est inclus dans l’étude mondiale  que publie l’agence de notation Vigeo Eiris sur ce thème. On y apprend que d’une manière générale « le dialogue social, est le parent pauvre de la responsabilité sociale des entreprises ». L’agence  présidée par Nicole Notat passe en revue les engagements et les dispositifs mis en place par  plus de 2 400 sociétés cotées appartenant à 40 secteurs et opérant dans 63 pays. Et cela sur la  période 2016 – 2017.  Résultat : «  Ce thème reste un parmi les moins développés dans les récits et les indicateurs publiés par les entreprises au sujet de leurs démarches de responsabilité sociale ».

 

Les entreprises ont été évaluées sur la visibilité et le portage de leurs engagements, sur la diversité des thèmes et le niveau du dialogue avec les représentants des salariés, la dynamique des relations avec les instances représentatives des salariés, les moyens qui leur sont alloués pour exercer leurs missions, ainsi que sur la capacité des équipes dirigeantes à améliorer la qualité et l’étendue de l’information des partenaires sociaux et à développer la concertation et la négociation collective.

 

Vigeo Eiris fait plusieurs constats, sur cette base. Primo,  le dialogue social demeure un « angle mort » de la RSE. Secundo, seuls 4% des employeurs  sous revue s’engagent de façon visible (en appui sur des documents écrits et publics) à mener un dialogue social avec les représentants des salariés. A l’inverse, 62% des entreprises évaluées n’affichent aucun engagement à ce sujet alors même qu’elles communiquent sur leurs objectifs et leurs indicateurs en matière de qualité de relations avec leurs clients, leurs actionnaires ou en matière de protection de l’environnement.

 

Tertio, les sociétés cotées en Europe sont celles qui rendent le plus et le mieux compte de leurs pratiques de dialogue social, mais leurs scores restent relativement limités sur ce critère. Quarto, les  sujets les plus souvent abordés dans le cadre de la négociation collective sont la rémunération (72% des sociétés cotées en Europe), les conditions de santé et de sécurité (70% des sociétés cotées en Europe), et le temps de travail (64% des sociétés cotées en Europe).  Cinquo, seule une minorité d’entreprises compte la présence d’administrateurs salariés au sein de son conseil d’administration. C’est le cas pour 5% des entreprises cotées en Europe, avec des disparités entre les pays, toutefois.