Les personnes précarisées ne sont pas responsables du chômage, disent les entreprises d’insertion

Les entreprises d’insertion par l’activité économique refusent « la petite musique de dénonciation de la fraude sociale qui ajoute à la morosité et à la défiance du climat social ».

Coorace, fédération nationale de l’économie sociale et solidaire qui rassemble 550 entreprises relevant essentiellement de l’insertion par l’activité économique, invite le gouvernement à développer l’accompagnement des demandeurs d’emploi, au lieu de miser sur le contrôle. Il est prévu de confier cette mission à 600 agents à compter du premier semestre 2019. Ils seront un millier, en 2020 « En plus d’être stigmatisantes, semblent peu enclin à faire baisser le chômage », estime l’organisation.  Une précédente enquête indique que sur 270 000 personnes contrôlées par Pôle emploi,  86 % remplissaient leurs obligations. Parmi les 14 % restants, seuls, quatre sur six étaient indemnisés par l’Unédic. « Le constat est clair : les demandeurs d’emploi, dans leur très grande majorité, recherchent activement du travail. Le contrôle ne les aidera pas. Il pourrait même nuire à leur retour à l’emploi pérenne », insiste le groupement, en rappelant que « 20 % des personnes concernées étaient découragés, et ont pu, grâce à un accompagnement renforcé, maintenir leurs droits et être remobilisés dans leur recherche ».

Pour la fédération Coorace, « la mise en place annoncée du carnet de bord et la définition concertée de l’offre acceptable nécessitent un accompagnement particulier à destination des personnes les moins formées. Ces mesures risquent en effet d’induire des différences de traitement en fonction de la capacité des demandeurs d’emploi à exprimer leurs souhaits, à formaliser leur recherche et à utiliser les outils numériques ».