Mesures d’urgence économique et sociale : l’Acoss fait un bilan à fin mars

La mesure phare, la prime exceptionnelle a été attribuée par les employeurs à hauteur de 2,190 Mds €, à fin mars, calculent les Urssaf en s’appuyant sur les déclarations des entreprises. Le pécule a été versé par 408 000 établissements, soit une structure du secteur privé sur cinq. Les grandes entreprises sont surreprésentées. Environ 59 % de celles qui rémunèrent plus de 2 000 salariés ont versé une prime, contre 14,3 % de celles qui comptent moins de 10 salariés.

 

La manne a profité à 4,8 millions de salariés, soit 26 % des effectifs salariés du secteur privé . Sur les 4 mois, le montant moyen de la prime est de 401 €. Sur ce plan, les PME d’un à neuf salariés font mieux que les grands groupes, en allouant en moyenne 560 € par tête, contre 377 € pour les poids lourds de l’économie. Quelque 11 % de privilégiés ont profité de la prime maximum.

 

L’Acoss souligne que ces distributions sont aussi fonction du temps de travail du salarié. La dispersion apparente entre les secteurs (696 euros dans les activités financières et d’assurances contre 311 euros dans l’hébergement et la restauration) est notamment liée à des effets de structure comme la part du temps partiel dans le secteur.

 

Autre dispositif mis en œuvre en urgence : les heures supplémentaires exonérées. Elles ont donné lieu à environ 400 M€ d’exonération au premier trimestre 2019. Sachant que ce temps de travail additionnel représente un total de 3,5 Mds€ de masse salariale et concerne 6,8 millions de salariés, soit près de 30 % des personnes rémunérées sur la période dans le secteur privé. Cela correspond à 224 millions d’heures sup déclarées au cours de la période.  Il n’y a pas eu de rush, le volume reste du même ordre qu’au premier trimestre 2018.

 

 

Le nombre d’heures supplémentaires moyen est plus important dans les petites entreprises. Les Urssaf comptent plus de 40 heures dans les entreprises de moins de 50 salariés, contre 18 dans celles de 2000 ou plus. Certains secteurs, tels que la santé humaine, le transport et la construction recourent davantage aux heures supplémentaires, à l’inverse d’autres secteurs comme les activités financières ou l’édition et audiovisuel. Depuis le 1er janvier 2019, la totalité des montants issus des heures supplémentaires est exonérée de cotisations salaraire).