Observatoire GSC Altares : plus de 50 000 ex-dirigeants d’entreprise sur le carreau

L’association GSC (assurance perte d’emploi des dirigeants et entrepreneurs) et Altares publient la version 2019 du rapport l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs, fondée sur les chiffres de l’an dernier. On y apprend que le nombre d’entrepreneurs ayant perdu leur emploi reste stable, « à un niveau encore dramatiquement élevé ».

En 2018, ce sont 50 185 dirigeants d’entreprises qui ont dû faire face à une liquidation judiciaire (+0,3 %) par rapport à l’année précédente. L’âge médian des personnes concernées est de 46 ans.  Mais un sur dix a moins de 30 ans et les moins de 26 ans sont de plus en plus représentés (+6,7 %). À l’autre bout de la pyramide, plus du tiers (35,8 %) des dirigeants touchés par la perte de leur emploi en 2018 a plus de 50 ans. Contre toute attente, les seniors ne sont pas mieux préparés aux aléas que leurs cadets. L’agilité n’est pas toujours bien ancrée chez les quinquagénaires qui pilotent leur entreprise depuis longtemps. « Si un changement de parcours reste tout à fait envisageable pour les dirigeants de moins de 26 ans, la situation s’avère bien plus délicate pour leurs aînés de plus de 50 ans » insistent les auteurs de l’étude.

 

Pour Anthony Streicher, président de l’association GSC, la situation est intenable. « La mobilisation de l’ensemble des acteurs est indispensable pour sensibiliser les entrepreneurs aux conséquences de la perte d’emploi. Tous ceux qui accompagnent quotidiennement les chefs d’entreprise doivent les informer au moins une fois par an des risques de perte d’emploi et des solutions existantes. Le coup de frein de la croissance en France et en Europe doit nous amener à beaucoup de prudence et d’anticipation pour les mois qui viennent. Doit-on attendre de voir encore davantage de nos entrepreneurs sans emploi ? Il est impératif de les informer qu’ils peuvent et doivent se protéger. C’est une nécessité sociale et économique. »

 

Ce sont encore une fois les artisans, les commerçants, les gérants de TPE qui sont les plus impactés. 6 650 artisans-commerçants ont perdu leur emploi en 2018. Ce nombre est certes en baisse, mais reste à un niveau élevé ; tout comme celui des professions libérales, avec 1 050 entrepreneurs au chômage (en hausse de 1,6 %).Les gérants de SARL, avec 27 919 sans-emploi, forment l’essentiel des pertes (en baisse de -5,7 %). 11 958 autres dirigeants étaient à la tête d’une SAS. Cette hausse de 28,1 % par rapport à l’an passé s’explique notamment par l’augmentation des créations d’entreprises sous ce statut juridique depuis trois ans.

 

Près de la moitié des pertes d’emploi est concentrée sur l’Ile-de- France (23 %), la région Auvergne Rhône Alpes (12 %) et PACA (10 %). La majorité des régions françaises (9 sur 13) est impactée par la hausse du nombre d’entrepreneurs en situation de perte d’emploi. Les territoires les plus touchés sont l’Ile-de-France (+7,3 %), l’outre-mer (+4,6 %) et les Pays de la Loire (+4,2 %). A contrario, les régions Provence Alpes Côte d’Azur (-7 %), Languedoc-Roussillon-Midi Pyrénées (-5,3 %) et Bretagne (-4,8) enregistrent un recul significatif laissant apparaître des inégalités territoriales fortes.

 

Les entrepreneurs du bâtiment (25 %) et du commerce (23 %) représentent toujours la moitié des pertes d’emploi malgré une légère baisse (-1,6 % et -2,1 %). Les dirigeants exerçant dans les professions en contact direct avec les consommateurs et dont l’activité n’est pas aisément transformable sont les plus exposés. En particulier, 1 051 boulangers et pâtissiers, 5 253 restaurateurs, et 879 coiffeurs ont perdu leur emploi.

 

 Les entrepreneurs du secteur du transport routier de voyageurs connaissent un niveau très élevé de perte d’emploi et en particulier les taxis et VTC avec 472 entrepreneurs sans emploi (+66,8 %).  Les secteurs juridiques et comptables subissent également une augmentation significative de 30,3 % avec une hausse marquée pour les structures spécialisées dans le domaine juridique.

 

Les données sont issues de l’étude des entreprises en liquidation judiciaire prononcée par le tribunal de commerce ou de grande instance. Ne sont pas intégrées les procédures à l’amiable de dissolution ou de liquidation de même que les révocations des mandataires sociaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

17 359 des entrepreneurs concernés se trouvaient à la tête d’une société dont le chiffre d’affaires était inférieur à 500 000 euros, confirmant ainsi que les petites structures sont les plus vulnérables.