Partage du travail : Pierre Larrouturou et Dominique Méda repartent au combat

Insensibles à la vogue managériale et près d’une décennie après le « travailler plus pour gagner plus », l’économiste et la sociologue remettent au goût du jour leur conviction que partager le travail réduira le chômage. Il n’y que la CGT qui défend la même idée.

 

Dans un livre à paraître le 16 juin, sous le titre Einstein avait raison, il faut réduire le temps de travail (Éditions de l’Atelier), le duo explique pourquoi la réduction du temps de travail constitue un élément central de la lutte contre le chômage. À partir d’une analyse très documentée, ils montrent comment le choc de solidarité du passage à la semaine de 4 jours est capable de créer massivement des emplois sans coût supplémentaire pour les entreprises qui s’engageraient dans cette voie.

 

Le chômage a atteint un seuil intolérable : plus de 6 millions de femmes et d’hommes sont inscrits à Pôle Emploi. Parmi eux, au moins 3,3 millions travaillent zéro heure par semaine et 1,9 million sont bénéficiaires du RSA-socle. Des millions d’emplois sont précaires tandis que d’autres personnes ont, elles, tout simplement disparu des statistiques, mais restent sans emploi. Le « partage du travail » imposé par le marché suscite des inégalités insupportables. Il est indispensable que la volonté politique mette en œuvre un projet de société qui en réduisant le temps de travail des salariés à temps plein, permet à chacun d’avoir un travail. Le mouvement historique vers la réduction du temps de travail qui était un sujet tabou depuis une dizaine d’années est de nouveau dans l’actualité.

 

Pour les auteurs, ce livre a pour buts principaux den « lutter contre le découragement, en permettant à tous les citoyens de comprendre qu’il n’y a aucune fatalité au chômage et à la précarité ». Leur essai vise aussi à prouver qu’il est tout à fait possible de sortir du chômage de masse en quelques années, mais qu’aucune sortie de crise n’est durablement possible si nous continuons à attendre le retour miraculeux de la croissance et si nous ne sommes pas capables de négocier une forte réduction du temps de travail. Enfin, ils entendent « donner aux citoyens des arguments pour lutter contre tous les discours qui poussent a` la résignation ou à la dérégulation. »