Prélèvement à la source: quatre entreprises sur dix « pas certaines » d’être à la hauteur

A un mois de l’entrée en vigueur du prélèvement de l’impôt à la source prévue le 1er janvier 2019, quatre entreprises sur dix ne sont « pas certaines d’être prêtes », selon l’Observatoire social de l’entreprise.

Selon le sondage réalisé par le Cesi en partenariat avec Ipsos auprès de 1 000 salariés du secteur privé et de 400 chefs d’entreprise, 59 % des dirigeants sont certains de remplir leurs obligations.  31 % pensent que c’est probable sans toutefois en être certains. Une entreprise sur dix juge « peu probable », voire « impossible, » d’être à la hauteur, le 1er janvier prochain.

 

Du côté des salariés, le doute est encore plus prononcé. Seul un sur quatre est certain que son employeur sera prêt, 58 % estiment qu’il ne le sera probablement pas, et 4 % sont sûr qu’il sera en défaut.

 

Paradoxalement, ce n’est pas tant la complexité du dispositif qui est en cause. Une majorité de chefs d’entreprise juge la mise en place du prélèvement à la source facile. Néanmoins, un sur quatre déclare rencontrer des difficultés. Et contre toute attente, ce ne sont pas les dirigeants des plus petites structures qui sont le plus à la peine (seulement 24 % des chefs d’entreprises de moins de 10 salariés disent rencontrer des difficultés), mais plutôt ceux des plus grosses structures (35 % des entreprises de 250 salariés et plus.

 

Les obstacles sont : l’alourdissement de la gestion de la paie pour 6 entreprises sur 10. Les autres difficultés tiennent aux conséquences financières (paiement d’heures supplémentaires, embauche d’une personne au service paie, etc.). L’impact en termes d’heures de travail supplémentaire est évalué en moyenne à 5 heures et demie par entreprise et par mois pour la phase de mise en place et à un peu moins de 2 heures mensuelles pour la suite.

 

Dans un autre registre, une majorité de dirigeants craint que cette réforme conduise les salariés à constater une baisse de leur pouvoir d’achat (53 %). Cette appréhension est particulièrement forte chez les dirigeants des entreprises de 250 salariés et plus (86 %). Cette inquiétude se ressent également parmi les salariés. Deux sur trois déclarent que la réforme va leur donner le sentiment de gagner moins (64 %, dont 27 % « certainement »).

 

Pour couronner le tout, les erreurs seront source de tension, et le doute subsiste sur la confidentialité des données personnelles. Un tiers des effectifs déclare ne pas faire confiance à son employeur pour gérer la réforme.