Réforme de l’apprentissage : pour Régions de France, « le compte n’y est pas »

Les régions condamnent la réforme de l’apprentissage, qu’elles perçoivent comme le signe d’une centralisation excessive. Pour la première fois depuis 30 ans, disent-elles, une compétence décentralisée et pilotée avec efficacité par les Régions sera très largement centralisée, en contradiction totale avec la volonté affichée du gouvernement.

Les élus régionaux estiment qu’il persistera un risque de fractures territoriales dans l’accès à l’apprentissage entre les métropoles et zones rurales, territoires de montagne, et quartiers prioritaires de la politique de la ville. Ils pronostiquent que l’inorganisation territoriale de la plupart des branches voire leur absence totale dans les territoires d’outre-mer pour piloter l’apprentissage posera de graves difficultés. Sans parler de la complexité engendrée par le dispositif gouvernemental qui donne des responsabilités à plus de 700 organisations professionnelles. Les régions posent aussi la question de la fragilisation des CFA interprofessionnels, des formations transverses. Autres inconnues : les moyens pour poursuivre le développement de l’apprentissage dans les lycées professionnels, l’enseignement supérieur et la fonction publique.

 

Dans un autre registre, disent les Régions, toutes les entreprises seront assujetties à la future contribution alternance (0,85 % de la masse salariale) qui viendra se substituer à la taxe d’apprentissage. Les entreprises de petite taille et les artisans, jusqu’alors exonérés, y seront assujettis. Résultat : une pression supplémentaire sur ces TPE au détriment de leur capacité à embaucher et à se développer.

 

Toutefois, « les Régions considèrent que l’apprentissage est un levier majeur pour l’accès à l’emploi de notre jeunesse et continueront à promouvoir cette filière d’excellence dans laquelle elles croient ».