Salariés, pourquoi faites-vous des cadeaux à votre employeur ?

Ce n’est plus « merci patron », c’est le patron qui dit merci. En France, plus de la moitié des salariés (58 %)effectue des heures supplémentaires non rémunérées. Ils travaillent en moyenne près de 5 heures par semaine sans être payés. Parmi ces gentils stakhanovistes, 12 % disent même turbiner plus de 10 heures par semaine gratuitement. Les salariés français du secteur du bâtiment et de l’ingénierie sont les plus enclins à travailler régulièrement au moins cinq heures non rémunérées par semaine (59 %). Ceux évoluant dans les secteurs des arts et de la culture, ainsi que dans l’informatique et les télécommunications comptent le plus d’heures de travail : la majorité réalise en effet plus de 10 heures supplémentaires par semaine (respectivement 23 % et 22 %).

 

Le cas français n’est pas isolé, les voisins européens font encore plus fort.  Les salariés allemands (71 %), espagnols (67 %) et anglais (66 %) sont ceux qui accomplissent le plus d’heures supplémentaires gratuites au sein de l’UE.

 

Ces données figurent dans l’enquête The Workforce View in Europe que publie Automatic Data Processing, plus connu sous le sigle ADP.  Quelque 10 585 salariés ont été interrogés Europe, dont 1 410 en France, sur leur sentiment à l’égard de leur environnement professionnel . Elle révèle que les Français exercent leur activité en moyenne près de cinq heures (4h37) par semaine sans contrepartie, et 12 % disent même travailler plus de 10 heures sans rémunération supplémentaire.

 

La question de l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle est primordiale depuis de nombreuses années. Les résultats de cette enquête suggèrent que les attentes qui pèsent sur les collaborateurs sont parfois irréalistes et que certains modes de travail peuvent obliger à travailler plus que ce qui est prévu dans leur contrat sans être rémunérés en conséquence.

 

 

Carlos Fontelas de Carvalho, Président d’ADP en France et en Suisse (photo), commente : « Malgré de nombreux rapports et mesures très médiatisés montrant l’importance de la reconnaissance et du bien-être des salariés (droit à la déconnexion, chartes, télétravail…), il semble que des employeurs ne parviennent pas toujours à trouver le juste équilibre entre l’engagement des collaborateurs, le nombre d’heures effectuées et le sentiment d’une juste rétribution. Au-delà du risque d’épuisement auquel peuvent être exposés certains salariés, ce sont des situations qui génèrent des pertes de motivation avec des conséquences négatives à long terme sur la santé, la productivité et donc la performance globale de l’entreprise. »

 

« Ce sont les dirigeants et les managers qui doivent définir la charge de travail et des attentes réalistes, tout en s’assurant que leurs collaborateurs disposent des ressources et du soutien nécessaires pour atteindre leurs objectifs durant les heures prévues dans leur contrat » poursuit Carlos Fontelas de Carvalho. « Toutes les études montrent que la motivation des salariés et donc leur efficacité et productivité est renforcée lorsqu’on leur permet de réaliser un travail de qualité dans de bonnes conditions, ce qui passe par un équilibre entre vie personnelle et professionnelle et une rémunération adaptée. Assurer à ses collaborateurs des conditions de travail de qualité et veiller à leur épanouissement professionnel est le meilleur moyen de générer de l’engagement positif, de garder ses collaborateurs en forme et améliorer les résultats de l’entreprise. »