Manque de compétences et inégalités hommes-femmes : même combat

Le manque de compétences informatiques continue de s’amplifier à cause de la rapidité des innovations technologiques, et a de lourdes conséquences pour les entreprises. Sans suffisamment de personnel qualifié pour comprendre et manipuler les nouvelles technologies, la compétitivité des entreprises est en péril.

Ainsi, la réponse des entreprises à la crise des talents semble être simple : impliquer plus de gens dans les technologies. Mais l’absence de politiques d’entreprise volontariste pour accroitre la diversité dans les secteurs technologiques entraine une aggravation du manque de compétences. Autrement dit, combler le manque de diversité dans les technologies peut aider à combler le fossé des compétences. Les femmes sont un réservoir inexploité de talents.

 

Bien que de plus en plus d’organisations, d’organismes gouvernementaux et d’écoles commencent à comprendre cela, des mesures supplémentaires sont nécessaires pour faire en sorte que le déficit de compétences soit rapidement comblé. Voici comment les entreprises peuvent jouer leur rôle.

 

Les femmes ont-elles les compétences requises pour travailler dans les technologies ? Sinon, de quelles formations ont-elles besoins ? Sont-elles intéressées par un changement de poste, et la politique d’entreprise dont elles dépendent le permet-elle ?Une fois ces barrières organisationnelles levées, il faut passer à l’action, or les formations peuvent être chronophages et contraignantes. Pour éviter cela, la formation doit être dispensée de préférence en petits morceaux et accessible selon les modalités préférées par l’apprenant. Chaque entreprise doit investir dans la formation tout au long du cycle de vie professionnelle et permettre une meilleure mobilité professionnelle pour tous, quel que soient leur sexe, leur poste ou leur lieu de travail.

 

Les organisations doivent créer des opportunités pour que leurs collaborateurs puissent s’orienter vers les nouvelles technologies, mais les cadres doivent aussi devenir des modèles en matière de parité et d’égalité des chances. Les femmes qui occupent des postes de direction, en particulier, devraient plaider en faveur d’un recrutement diversifié et de l’égalité des sexes dans leur entreprise. Les changements culturels ont tendance à venir d’en haut. C’est pourquoi les organisations doivent changer leur attitude pour acquérir plus de talents féminins. Ce n’est qu’à ce moment-là que le changement se produira vraiment.

 

Plus tôt cette année, les entreprises de plus de 250 employés au Royaume-Uni ont dû révéler les écarts de rémunération entre hommes et femmes. Une analyse de ces résultats par Mercer a révélé que les hommes dans les entreprises high tech gagnent 25 % de plus que les femmes, par rapport à l’écart moyen qui est de 18% dans le reste du pays. Cela met en évidence la profonde inégalité qui existe actuellement dans le secteur des technologies. Cela risque de donner aux femmes l’impression que les possibilités dans le domaine de la technologie sont limitées et, par conséquent, leur faire renoncer à entamer une carrière dans ce secteur.

 

Il faut s’attaquer à ce grave écart de rémunération entre les sexes, et cela devra probablement passer par la loi. Prenons l’Islande, par exemple, qui a adopté une loi obligeant l’employeur à prouver que ses collaborateurs sont rémunérés de manière égale.Cependant, les entreprises ne doivent pas attendre qu’une loi les y contraigne pour adopter une attitude de transparence en matière d’embauche et de rémunération. Les femmes se sentiront mieux accueillies et davantage valorisées avec une culture d’entreprise plus égalitaire.

 

En fin de compte, les entreprises doivent élargir leur réservoir de talents si elles veulent combler le manque en compétences numériques. Plutôt que de se tourner vers l’externalisation ou la recherche de talents dans le même bassin peu profond, les entreprises devraient chercher à utiliser la plus grande ressource inexploitée qu’elles ont : leurs collaboratrices.

 

Tara O’Sullivan, chief marketing officer chez Skillsoft and SumTotal