Non, la pointeuse n’est pas « de retour ». Elle fait partie intégrante du quotidien des entreprises et de leurs salariés.

Dans un arrêt publié le mardi 14 mai, la Cour de Justice de l’Union Européenne indiquait que « les États membres doivent imposer aux employeurs l’obligation de mettre en place un système objectif, fiable et accessible permettant de mesurer la durée du temps de travail journalier effectué par chaque travailleur. » A la lecture de cet arrêt, les commentateurs statuaient sur « le retour de la pointeuse » et l’obligation de son installation en entreprise afin d’assurer le respect de la directive européenne sur le temps de travail de 2003. Décryptage par Eric Ruty, Directeur Général de Bodet Software – 35 000 clients à travers le monde.

 

Remontons un peu le temps pour revenir au moment où le temps de travail a été particulièrement central dans notre pays : janvier 2000, lorsque la loi Aubry réforme la durée légale du travail à 35 heures hebdomadaires. Sa promulgation déclenche une vague d’équipement de pointeuses dans nos entreprises notamment sous la pression des contrôles effectués par l’inspection du travail. En 2005, 20,8% des salariés français contrôlaient leurs horaires grâce à une pointeuse, contre 15,8% en 1998. Aujourd’hui, ce sont plus de 21% des salariés qui déclarent leur temps de travail grâce à cet outil mais le taux d’équipement est très différent selon la taille de l’entreprise. Ainsi les TPE apparaissent peu ou pas équipées tandis que le taux d’équipement des entreprises de plus de 50 personnes est proche de 80%.

 

En 2003 suite à la directive européenne sur le temps de travail, on assiste alors  à une seconde vague d’investissement des entreprises françaises dans l’outil de gestion du temps de travail, afin de garantir à leurs salariés l’assurance de temps de repos respectés. En majeure partie, les entreprises françaises  sont donc déjà prêtes à répondre aux exigences de l’Union Européenne rappelées dans l’arrêt de la Cour de Justice de l’UE du 14 mai 2019.

 

Un point important à souligner également : le terme de « pointeuse », qui évoque dans l’imaginaire collectif un outil désuet, dont le seul but est de contrôler les salariés. Avec la transformation numérique, l’émergence des nouveaux modes de travail – le nomadisme et le télétravail  – mais également  l’orientation des entreprises vers le bien-être de leurs salariés, les outils de gestion des temps  se sont  largement éloignés de cette représentation obsolète. Loin de l’image de la station lourde et encombrante, la « pointeuse » s’est muée en un véritable outil informatique global et convivial. Sa vocation n’est plus seulement de déclarer son heure d’arrivée et son heure de départ. Ses nombreuses fonctionnalités permettent notamment de gérer les demandes d’absence – RTT ou congés payés – et de produire des calculs fiables d’éléments variables de paie.

 

Cet équipement est aujourd’hui devenu indispensable à la bonne gestion du quotidien RH d’une entreprise et l’entraine vers la digitalisation de ses processus internes. Il permet d’agréger, sur une même base de calcul, les différents rythmes de travail des salariés, tout en garantissant fiabilité et transparence. La pointeuse nouvelle génération contribue en cela au maintien du climat et de l’équilibre social.  Alors non, la pointeuse n’est pas de retour. Elle fait partie intégrante du quotidien de nos entreprises,  au bénéfice des services RH et des salariés.

 

Eric Ruty, DG de Bodet Software