Proposer à ses salariés des plans d’épargne salariale adaptés à leurs besoins

Pour les entreprises désireuses de proposer à leurs collaborateurs un plan d’épargne salariale, il est préférable de prendre en considération un certain nombre de points clés. En premier lieu si vous êtes dirigeant d’entreprise, ne cherchez pas à vous substituer à vos salariés en leur imposant un plan prédéterminé, sans leur laisser le moindre choix quant aux supports d’investissement. Ce n’est pas à vous, dirigeant d’entreprise, de décider si le salarié doit placer son épargne salariale dans un fonds actions ou monétaire.

 

Dans ce contexte, il est préférable de proposer a minima un fonds, offrant la plus grande sécurité possible, de type « Monétaire » ou « Trésorerie ». Un salarié voulant disposer de ses fonds dans un délai relativement court (achat de la résidence principale, départ en retraite, etc.) pourra ainsi mettre son capital à l’abri. Sur une courte période, la volatilité des marchés actions n’incite, en effet, guère le salarié à placer son argent sur un fonds actions. Il est possible de coupler un fonds prudent à ce fonds monétaire. Cela peut prendre la forme d’un fonds obligataire à court terme ou d’un fonds à capital protégé garantissant une part substantielle de l’épargne placée (90% par exemple). Les fonds obligataires doivent être appréhendés avec prudence, car la plupart des épargnants ne perçoivent pas le caractère complexe et vaste de cette classe d’actifs (obligations souveraines, corporate, etc.).

 

En instituant une allocation équilibrée entre les actions et les obligations, les fonds diversifiés rencontrent également un certain succès auprès des épargnants. Ce sont des bons compromis pour protéger son capital d’une trop grande volatilité tout en s’exposant dans une certaine proportion au potentiel de hausse (sur le long terme) des marchés actions. Les fonds diversifiés flexibles présentent l’avantage supplémentaire d’être gérés de manière plus fine en fonction de l’évolution des marchés. Il n’est pas nécessaire de proposer cinq fonds diversifiés aux salariés, mais plutôt de mettre l’effort sur la pédagogie indispensable à la bonne compréhension de ces fonds.

 

Les fonds actions séduisent de nombreux salariés qui perçoivent bien leurs caractéristiques et leur intérêt dans une perspective de moyen long terme même s’il est plus difficile de convaincre les récalcitrants ayant une image négative et des idées reçues sur les marchés actions. À ce titre, il est nécessaire de mettre en place des modules d’e-learning, d’organiser des rencontres avec les salariés ou proposer des outils d’aide à la décision (robo-advisor). L’effort de pédagogie est plus que jamais indispensable dans un pays où la culture financière des épargnants (et plus particulièrement celle relative aux marchés actions) reste, en moyenne, largement insuffisante. Dans tous les cas, un dispositif d’épargne salariale digne de ce nom devra comporter au moins un fonds 100% actions internationales, exposé aux principales zones économiques mondiales.

 

En outre, un fonds ISR devra être proposé aux salariés. Dans le cadre de l’épargne salariale, l’ISR est un label délivré par les organisations syndicales au niveau national regroupées au sein du Comité intersyndical de l’épargne salariale (CIES). Il est également obligatoire de proposer un fonds « solidaire » qui consiste à placer une part de l’investissement en titres solidaires. Il s’agit d’emprunts ou de billets à ordre, émis par des associations dédiées à des projets humanitaires spécifiques. Il existe enfin des fonds réservés uniquement aux salariés d’un groupe, quand les encours d’épargne atteignent un montant pouvant justifier une gestion individualisée d’un fonds au niveau de l’entreprise, ces derniers fonds peuvent être composés pour toute ou partie d’actions de l’entreprise, on parle dans ce cas « d’actionnariat salarié ».

 

L’important est de laisser aux salariés, quelle que soit la taille de l’entreprise, le choix d’investir sur une ou plusieurs classes d’actifs en toute connaissance de cause, en fonction de ses objectifs et de son degré d’aversion au risque. Plutôt que de rendre éligible une dizaine de fonds de la même classe d’actifs au risque de créer de la confusion auprès de ses salariés, il nous paraît plus judicieux de proposer une moyenne de 6-7 fonds répartis sur les thématiques énoncées plus haut en redoublant d’efforts sur l’information donnée à l’épargnant pour chaque fonds éligible. Pour que ce dernier choisisse en toute connaissance de cause.

 

Par François Dillemann, directeur du développement corporate et institutionnels, CIC Epargne Salariale