Reconversion professionnelle : les soft skills font la différence

À l’heure du digital, les aptitudes humaines jouent un rôle de plus en plus important aux yeux des recruteurs. Plusieurs enjeux font des soft skills un critère à part entière dans le processus de recrutement. Avant tout, il faut mesurer que la grande majorité des emplois en France sont des métiers de service qui demandent des véritables compétences relationnelles. L’organisation des entreprises évolue également vers une hiérarchie plus flexible où l’on attend des collaborateurs qu’ils soient capables de travailler en autonomie et de faire preuve de dynamisme. Le numérique a quant à lui mis en avant l’intérêt des facultés cognitives ; les tâches simples et répétitives sont désormais exécutées par des machines et les compétences techniques ne suffisent plus. En l’occurrence, notre capacité à être créatif et ouverture d’esprit font notre plus-value.

 

Une étude sur les compétences comportementales menée en décembre 2018 auprès de 450 responsables RH par le job board Monster confirme qu’à qualifications égales, le « savoir-être » fait toute la différence. Ces dernières ont un rôle clé pour maintenir la cohésion d’équipe, renforcer la culture de l’entreprise et retenir les talents. Certains DRH regrettent qu’il n’y ait pas encore suffisamment de moyen pour évaluer ces soft skills. En effet, les métiers évoluent si vite que les formations peuvent rapidement devenir obsolètes et parfois même avant que l’apprenant sorte du cursus pour exercer le métier ! En revanche, les caractéristiques comportementales sont davantage des gages d’aptitude, car plus intemporelles ; apprendre à apprendre, savoir résoudre des difficultés, être capable de sortir d’une zone de confort, être curieux…

 

Des solutions existent afin de développer ou de découvrir ces compétences particulières en se mettant en situation. Faire une immersion complète auprès d’un professionnel, en testant concrètement un métier permet de se confronter à de nouvelles conditions et de mettre en pratique nos fameux soft skills. Une façon de valider la capacité à s’adapter à un nouvel environnement, à se questionner et à challenger ses croyances.

 

Les soft skills jouent un rôle primordial pour les entreprises qui cherchent des profils avec des qualités comme l’agilité et l’adaptation, tant pour des problématiques de mobilité interne et externe que pour recruter dans des secteurs en tension. De plus en plus, d’entreprises misent également sur la formation en interne, comme Eminence, qui relance ses recrutements sans CV ou encore Century 21 qui a osé une grande campagne de recrutement avec comme slogan « Profils recherchés : hommes ou femmes, très motivés. C’est tout !”. Les enseignes sont prêtes à former de nouveaux collaborateurs, peu importe leurs parcours si la volonté et les aptitudes comportementales recherchées sont présentes.Pôle Emploi propose également cette approche atypique : la « méthode de recrutement par simulation » (MRS). Cela permet de trouver des candidats pour des postes en tension par le biais de mises en situation professionnelle basées sur des exercices pratiques. Ici encore, les diplômes et les expériences passées n’ont aucune importance.

 

Carine Celnik, fondatrice et présidente de TestUnMétier.com (cabinet d’accompagnement des transitions de  carrière)