Repenser l’entreprise : une obligation sociétale

La société actuelle vit de véritables chamboulements. La quatrième révolution industrielle redistribue les cartes et questionne sur le rapport au travail. Face à ces changements, nous avons vu apparaître de nouvelles définitions de symptômes liés au travail : burn-out, bore-out et désormais le brown-out, un état voisin de celui du burn-out et qui mêle plusieurs sentiments concentrés autour de la quête de sens autour du travail. En France, cette quête de sens semble bel et bien réelle et se perçoit jusque dans la manière dont les salariés se comportent sur leur lieu de travail. Les Français sont d’ailleurs les plus distraits d’Europe face aux technologies puisqu’ils regardent jusqu’à 9 fois par jour leur téléphone portable. Signe d’ennui ou de décalage par rapport au travail tel qu’il est ressenti de nos jours ?

 

Ce qui est sûr, c’est que les changements sociétaux doivent aussi entraîner des changements dans le monde de l’entreprise pour reconnecter les employés à leur travail, en proposant une nouvelle manière de fonctionner.

 

 

La société a évolué, mais il semble que le rapport au travail reste parfois figé sur un modèle dépassé. Alors qu’avant il était difficile de questionner la place que le travail avait directement sur les vies, puisqu’il faisait partie de l’ensemble de facteurs d’insertion à la société, aujourd’hui ce n’est plus le cas. L’accès et l’ouverture au monde a changé la donne. Il est possible, en une recherche de quelques secondes sur Internet, d’accéder à n’importe quelle information. Cela redéfinit les perspectives et petit à petit les volontés de tout à chacun. Les générations plus jeunes, notamment les millenials, sont le parfait exemple de personnes à la recherche d’un autre modèle, moins conformiste et plus libre. L’expression « métro-boulot-dodo » qui symbolisait cette aliénation moderne au travail ne fait plus rêver et s’essouffle. Les salariés sont définitivement en attente d’autre chose. Cela ne signifie pas qu’ils n’aiment pas leur travail, mais qu’ils veulent redonner du sens à cet élément d’insertion à la société qui contribue encore à les définir.

 

 

L’apparition depuis quelques années de travailleurs plus nomades, plus connectés et qui jouissent d’une liberté d’esprit assez inédite perturbe un ordre, jusqu’ici, bien établi et cadré. Le télétravail a permis de bouger les lignes et d’offrir plus de libertés aux salariés, mais pas seulement. Cela s’inscrit dans une réflexion plus grande, celle de revoir le rapport au monde de l’entreprise. De nouvelles habitudes se sont également répandues avec une poussée du travail en free-lance et une plus forte mobilité à l’internationale. Mais bien sûr, si le modèle sédentaire reste dominant, il se doit d’évoluer. Une entreprise est désormais amenée à considérer les attentes de ses salariés. C’est devenu un moyen de fidélisation très puissant.

 

 Alors que pendant des années, la rémunération était considérée comme le Saint Graal, capable d’être l’argument décisif dans une négociation, aujourd’hui ce n’est plus le cas. Pour fidéliser un employé, les critères sont plus complexes : bien-être, flexibilité, considérations d’ordres personnelles, etc. On demande à l’employé d’établir son propre chemin et c’est à l’entreprise de l’accompagner, et non plus le contraire. Aujourd’hui, l’entreprise ne doit plus être vue comme un employeur, mais un accompagnateur de vie, un coach-allié. La culture de la société change et c’est à l’entreprise de s’adapter. Le Cloud a permis de créer un environnement de travail où les ressources nécessaires à un travail productif et efficace ne sont plus liées à un ordinateur de bureau, mais pour que les entreprises françaises réussissent à adopter le travail à distance, elles doivent s’assurer que toutes les ressources dont les employés ont besoin sont disponibles dans un espace sécurisé.

 

Le recrutement devient de plus en plus compétitif. Dès lors, comment une société peut-elle se différencier d’une autre ? À salaires et avantages équivalents, comment s’assurer qu’un bon profil décidera de rejoindre une entreprise et d’y rester ? Bien évidemment, les réponses toutes faites n’existent pas, mais être compétitif, c’est de pouvoir proposer des options adaptées et ciblées pour chaque individu. Si l’on prend l’exemple du marketing, nous entendons parler depuis plusieurs années de la tendance « one-to-one », cette approche qui vise à s’adresser à un consommateur avec un message personnalisé.

 

Dans une société où l’individualisme prend de plus en plus de place, il faut désormais savoir parler à tous les salariés pour les considérer chacun dans leur individualité. Un plan de carrière figé à l’entreprise n’est sûrement pas le meilleur moyen d’accompagner ses collaborateurs. Leur proposer de changer de direction selon leurs envies serait peut-être plus adéquat. Les entreprises qui réussissent à épouser cette nouvelle ère qui prône le bien-être au travail sont celles qui comprennent et acceptent le changement. Ils proposent à leurs salariés qui le souhaitent de : faire une pause de quelques mois pour faire le tour du monde, prendre un congé parental pour s’occuper de leurs enfants, ou changer de service pour apprendre un nouveau métier. Chaque salarié est différent, car la société a changé. Il faut considérer chaque employé dans sa singularité.

 

Si les entreprises françaises réussissent à mettre en place une stratégie de communications unifiées, elles simplifieront leur politique de télétravail. Elles permettront également de faciliter l’adoption à leurs employés des nouvelles technologies de communication. Chaque maillon d’une équipe doit pouvoir échanger, collaborer et être plus créatif. Cela signifie que les entreprises doivent adopter une solution unique répondant à leurs besoins afin de réussir cette mue vers plus de travail à distance.

 

Sion Lewis, vice president EMEA, LogMeIn