PARIS, 24 septembre 2018 (AFP) – Face à une croissance qui se tasse et un déficit public à contenir, le budget 2019 du gouvernement ne fait pas que des heureux au sein des différents ministères. Tour d’horizon des principaux gagnants et perdants de ce délicat exercice d’équilibriste.

Défense et Justice parmi les gagnants

Si certaines hausses peuvent être vues en trompe-l’oeil (les chiffres présentés par le gouvernement sont en euros courants et l’inflation est attendue à 1,3% en 2019), quelques ministères tirent néanmoins réellement leur épingle du jeu.

– DEFENSE –

Avec 1,7 milliard d’euros supplémentaires et 450 emplois créés, le ministère des Armées gagne sur tous les tableaux.

Cette hausse, qui vise notamment à renouveler les équipements et à améliorer l’entretien du matériel, s’inscrit dans l’objectif du gouvernement de porter l’effort de défense à 2% du PIB d’ici 2025.

– JUSTICE –

Avec 313 millions d’euros en plus en 2019, soit 4,5% de hausse et 1.300 emplois créés, le ministère de la Justice fait aussi partie des gagnants de 2019.

Les crédits prévus doivent notamment servir à la mise en place d’un « ambitieux programme immobilier pénitentiaire » afin de créer 7.000 places de prison de plus d’ici 2022.

Plus d’argent mais moins de postes pour l’Education

– EDUCATION –

D’un point de vue financier, le ministère de l’Education nationale récupère un budget en hausse de 850 millions d’euros et demeure largement en tête des ministères les mieux dotés.

Mais en contrepartie, le ministère va voir ses effectifs diminuer de 0,2%, soit 1.800 postes.

Dans le détail, 1.900 postes vont être créés dans le primaire mais 3.600 emplois seront supprimés, essentiellement dans le secondaire (collèges et lycées) et dans les services administratifs.

– TRANSITION ECOLOGIQUE –

Même constat pour le ministère de la Transition écologique et solidaire qui couvre l’énergie, les transports ou la lutte contre la pollution.

Si son budget connaît une belle augmentation de 3,1% à 34,2 milliards d’euros, pour financer par exemple le développement des énergies renouvelables, ses effectifs vont en revanche diminuer de 2%.

Bercy et le Travail au régime

Au total, 4.164 postes seront supprimés dans la fonction publique, un peu moins que les 4.500 initialement annoncés. Mais certains ministères n’ont pas échappé à des coupes tant dans leur budget que dans leurs effectifs.

– ACTION ET COMPTES PUBLICS –

Avec près de 2.300 postes supprimés, le ministère de l’Action et Comptes Publiques est l’administration qui perd le plus d’emplois dans le budget 2019.

Le ministère qui voit aussi son budget diminuer très légèrement (environ 1% sans prendre en compte l’inflation) contribue ainsi « de manière exemplaire à l’effort de redressement des finances publiques », selon le gouvernement.

– TRAVAIL –

Grand contributeur des suppressions de postes avec 1.618 emplois en moins dont 1.385 dans ses opérateurs comme Pôle Emploi, le ministère du Travail connaît également une sévère coupe dans dans ses financements, avec 2,07 milliards d’euros en moins.

Cette baisse s’explique notamment par la prise en charge de contrats aidés pour les élèves handicapés transférée au ministère de l’Education nationale et par la fin de certains dispositifs comme la prime à l’embauche dans les PME.

– COHESION DES TERRITOIRES –

Avec 1,16 milliard d’euros de baisse de budget, le ministère de Jacques Mézard va devoir se serrer la ceinture.

Le gouvernement veut faire des économies sur les aides personnalisées au logement (APL) de près d’un milliard d’euros en changeant le mode de calcul de leur versement.

– SPORTS –

Dans une lettre de cadrage envoyée fin juillet, le gouvernement avait prévu 30 millions d’euros en moins en fonctionnement pour ce ministère et 1.600 ETP (équivalents temps plein) sur la période 2018-2022.

Une pétition a été lancée la semaine dernière pour réclamer des moyens budgétaires à la hauteur pour le sport et des athlètes comme Kevin Mayer, recordman du monde du décathlon s’étaient publiquement inquiétés de ces coupes.

La baisse de 30 millions a été entérinée dans le PLF.

Elle « s’explique notamment parce que la part du budget (…) prévue dans le projet de loi de finances 2018 pour régler les cotisations salariales des arbitres avait été largement surévaluée », selon le ministère des sports.

Ce budget « sera préservé en 2019 », assure donc le ministère, qui annonce des « mesures nouvelles » pour 40 millions d’euros (dont 25 pour les crédits de la haute performance).

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