2015 a connu le rythme de création d’emplois le plus élevé depuis 2007 (Insee)

PARIS, 5 juillet 2016 (AFP) – L’année 2015 a connu le rythme de création d’emplois le plus élevé depuis fin 2007 en France, avec une croissance plus autonome par rapport à la hausse des emplois aidés, selon une étude annuelle publiée mardi par l’Insee.

Les créations nettes d’emploi ont accéléré en 2015 (+188.000, après +36.000 en 2014). « Depuis mi-2013, le niveau d’emploi dépasse celui observé avant la crise économique de 2008 et fin 2015, il dépasse de près de 370.000 le pic atteint fin 2007″, selon l’édition 2016 d' »Insee références » sur le marché du travail, publiée avec la Dares (ministère du Travail).

Le nombre d’emplois aidés a augmenté (+57.000, soit +3,9% par rapport à 2014), « conduisant à la création nette d’environ 15.000 emplois », et contribuant à la hausse de l’emploi total.

Mais là où 2015 marque un « vrai changement », c’est que les créations d’emplois « sont pour l’essentiel de l’emploi salarié marchand (+109.000) et pas de l’emploi aidé non salarié », a souligné Benoît Ourliac, de la Dares, lors d’une conférence de presse.

Cette hausse de l’emploi marchand, survenue après trois années de baisse, est « autonome » par rapport à la croissance des contrats aidés qui, en 2014 par exemple, « compensaient tout juste les destructions d’emplois non aidés ».

Les créations d’emplois en 2015 étant « pour les deux tiers » de l’emploi salarié non aidé, « c’est donc le rythme de création le plus élevé qu’on ait observé depuis 2007 », selon M. Ourliac.

L’institut de la statistique note en outre une « progression modérée du coût du travail » en 2015 (près de 1%), liée à la faible inflation et aux mesures baissant les cotisations patronales (CICE et Pacte de responsabilité) depuis 2011.

– le ‘halo’ du chômage –

En France métropolitaine, 2,9 millions de personnes étaient au chômage en 2015 au sens du Bureau international du travail, soit 10% de la population active, rappelle l’Insee, qui prévoit une baisse à 9,5% en 2016. Depuis 2013, le taux de chômage des hommes est « devenu plus élevé que celui des femmes (10,5% contre 9,5% en 2015) et l’écart continue de s’accroître ».

Le taux de chômage des 15-24 ans s’est accru (24%). Chez les seniors, l’Insee observe que le taux d’activité progresse depuis 1995 « en lien avec les réformes des retraites », pour atteindre 64% en 2015.

2015 a également été marquée par une hausse du « halo » du chômage, soit la frontière, souvent floue, entre inactivité et chômage: il concernait 1,4 million de personnes inactives, souhaitant travailler mais ne répondent pas aux critères du BIT pour être classées chômeurs (inscrites ou non à Pôle emploi mais pas disponibles pour travailler, ne cherchant pas d’emploi par découragement, etc.).

Le halo a augmenté avec la crise (+270.000 entre 2008 et 2015) même s’il est « moins lié que le chômage aux fluctuations économiques », souligne l’Insee. Cette hausse vient surtout des personnes « recherchant un emploi mais qui ne sont pas disponibles ».

A la différence du chômage, les femmes sont surreprésentées dans le halo (56% contre 44% d’hommes). Elles représentent même 60% des personnes qui souhaitent travailler mais ne cherchent pas d’emploi et ne sont pas non plus disponibles pour en prendre un (études, garde d’enfant, de personne dépendante ou raisons de santé).

juc/cel/mm