272 salariés de Servier contestent leur licenciement aux Prud’hommes

PARIS, 23 mai 2019 (AFP) – 272 cadres du groupe pharmaceutique français Servier, dont une centaine seront présents à l’audience, contesteront vendredi devant le Conseil des prud’hommes de Nanterre leur licenciement économique dans le cadre d’un plan social en 2016, a indiqué leur avocat Thomas Hollande à l’AFP.

Le groupe a supprimé 615 postes de visiteurs médicaux soit 90% des effectifs du marketing médical en France le 1er octobre 2016, arguant d’une « réorganisation nécessaire pour sauvegarder la compétitivité ».

Les salariés contestent devant les prud’hommes le motif économique invoqué au regard des « bons résultats financiers du groupe, qui réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires à l’international, notamment en Russie et en Chine », indique l’avocat.

Le groupe Servier, qui emploie 22.000 salariés dans le monde, dont 5.000 en France, avait à l’époque mis en avant la baisse de ses ventes en France hors génériques. « Mais l’activité génériques sous la marque Biogaran était dans le même temps en forte croissance », relève l’avocat.

Sur les 600 licenciements, près de 500 salariés demandent des dommages-intérêts devant les Prud’hommes, dont les 272 cadres concernés par l’audience de vendredi.

Selon Maître Sandrine Losi dont le cabinet Capstan défend le groupe Servier, 4 salariés ont été déboutés dans des affaires plaidées à titre individuel.

Outre la contestation du motif économique, les 272 cadres réclament des dommages et intérêts pour « exécution déloyale du contrat de travail ».

Selon Thomas Hollande, « on leur a dissimulé jusqu’au dernier moment » la suppression de l’activité de visiteur médical « pour qu’ils continuent le plus longtemps possible à aller voir les médecins pour tenter de défendre l’image du groupe Servier dégradée par l’affaire du Mediator ».

Chaque salarié réclame 30.000 euros à ce titre et des indemnités variant selon l’ancienneté pour la contestation du motif économique, précise Thomas Hollande.

Le Conseil des prud’hommes devrait mettre sa décision en délibéré à la rentrée.

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