453.800 destructions nettes d’emploi privé en France au 1er trimestre (-2,3%)

PARIS, 7 mai 2020 (AFP) – Sous l’effet du coronavirus, le premier trimestre 2020 a vu la destruction de 453.800 emplois dans le secteur privé, soit une baisse de 2,3% par rapport au trimestre précédent, provoquée notamment par un effondrement de l’intérim, selon une estimation provisoire de l’Insee.

Sur un an, le recul est de 1,4% (-274.900 emplois), avec une chute dans les services marchands et un plongeon dans l’intérim. Au total, l’emploi privé est à son « plus bas niveau depuis le troisième trimestre 2017 », selon l’Insee.

Dans les services marchands, qui sont la locomotive de l’emploi en France, l’emploi salarié privé chute: -3,5 % sur le trimestre (-437.900). Dans ce secteur, cette baisse « annule les hausses observées depuis trois trimestres », secteur qui « retrouve ainsi son niveau de l’année précédente ».

Dans l’intérim, sur les 15 premiers jours de confinement, la chute est « inédite » selon l’Insee (-37%, -291.800 emplois). Sur un an, la baisse est de 37,5% (-298.400 emplois): il retrouve son plus bas niveau depuis mi-2009.

Et cette baisse est « la plus importante » depuis le calcul de cette statistique début 1990. Selon l’Insee, « au plus fort de la crise économique de 2008-2009 », l’emploi intérimaire avait baissé de 13,9% au quatrième trimestre 2008 puis de 13% au premier trimestre 2009.

Hors intérim, l’emploi salarié privé baisse de 0,9%, soit -162.000 emplois.

Dans l’industrie, qui s’était stabilisée en 2019, l’emploi baisse à nouveau, à -0,3 % (soit -10.000 emplois). Sur un an, la baisse est de 0,2% (-7.500 emplois).

L’Insee relève que dans le secteur marchand non-agricole, l’emploi salarié privé chute de 2,6%, ce qui représente la « plus forte baisse » depuis fin 1970 et le calcul de cette statistique.

« En particulier, elle est nettement plus marquée que les creux observés au quatrième trimestre 2008 (-0,8%) et au premier trimestre 2009 (-0,9%) », analyse l’Institut national de la statistique et des études économiques.

Dans sa publication, l’Insee précise bien que sont considérées en emploi les personnes en chômage partiel. A fin mars, elles étaient 3,6 millions. Elles sont plus de 12 millions actuellement.

Fin mars, la France comptait 19,3 millions de salariés dans le privé.

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