PARIS, 16 février 2016 (AFP) – Les syndicats CGT, CFE-CGC, CFDT et FO d’EDF appellent les salariés à se mobiliser « massivement » jeudi pour la « pérennité » de l’électricien, « du service public et des emplois », à l’occasion d’un comité central d’entreprise (CCE) où sera présenté un projet de fermeture anticipée de centrales thermiques.

« Nous sommes tous concernés, directement ou indirectement » par les conséquences de la libéralisation du marché de l’énergie, écrivent les organisations syndicales dans un communiqué commun, en citant « les attaques contre l’hydraulique, le nucléaire », les suppressions de postes annoncées et maintenant les projets concernant les centrales thermiques.

Lors du CCE, la direction doit présenter un projet de fermeture anticipée de « centrales au fuel (Porcheville, Cordemais) en 2017 et 2018, et de centrales au charbon ». « Rappelons que les centrales thermiques tiennent toute leur place dans le mix énergétique, en particulier pour le passage des pointes de consommation », soulignent les syndicats.

Les centrales de Porcheville (Yvelines) et Cordemais (Loire-Atlantique) ont toutes deux été « modernisées, dépolluées et adaptées ces dernières années » pour être conformes aux normes environnementales qui seront applicables en 2023, a expliqué à l’AFP un responsable CGT.

Celle de Porcheville était « promise à un fonctionnement jusqu’en 2023 suite à sa rénovation entre 2005 et 2007 avec des centaines de millions d’investissements et une centaine d’embauches », souligne la section locale de la CGT.

Le responsable CGT dénonce des mesures d’économie alors que la centrale de Porcheville, par exemple, est nécessaire à la sécurisation du réseau en Ile-de-France « où les moyens de production sont inférieurs à la demande d’énergie ».

Ce mouvement intersyndical chez EDF fait suite à deux journées d’action en décembre et janvier pour dire non au « démantèlement » de l’électricien, qui a annoncé mardi pour 2015 un chiffre d’affaires en hausse de 2,2% à 75 milliards d’euros.

La dernière journée d’action, le 21 janvier, avait coïncidé avec l’annonce par la direction d’une « baisse des effectifs de 5% sur le périmètre d’EDF SA, sans aucun licenciement, sur la période 2016-2018 », soit 3.350 postes. Les syndicats font part, eux, de « jusqu’à 4.200 postes » supprimés.

Plus largement, les salariés des industries électriques et gazières (IEG) en seront à leur cinquième journée de mobilisation depuis la rentrée à l’appel notamment de la FNME-CGT et de FO Energie et mi