57% des entreprises signalent une hausse de l’absentéisme (enquête)

PARIS, 28 août 2018 (AFP) – Près de six entreprises sur dix (57%) indiquent être confrontées à une hausse de l’absentéisme depuis cinq ans, en particulier celles de plus de 5.000 salariés (79%), selon une enquête de l’association Référentiel de l’absentéisme consultée mardi par l’AFP.

Dans le détail, 41% des entreprises ayant participé à l’enquête déclarent un taux d’absentéisme en « augmentation modérée » entre 2013 et 2017 et 16% le signalent « en forte progression ». A l’inverse, 14% témoignent d’une « diminution modérée » et 4% d’une « forte réduction » (21% « stable » et 4% ne se prononcent pas).

L’association, créée en 2013, relève que trois secteurs se distinguent par des hausses supérieures à la moyenne: « transport-logistique » (59%), « commerce-distribution » (60%) et « sanitaire-médico-social » (68%).

Pour remédier à ces absences, les entreprises usent de différents moyens, qu’elles combinent. Elles ont prioritairement recours aux heures supplémentaires (41%), à l’intérim (40%), aux CDD (34%) et, dans une moindre mesure, choisissent de réduire leurs horaires d’activité ou leur production (4%).

Certaines se contentent de répartir la charge de travail de l’absent entre les autres salariés (27%) mais le procédé est nettement moins courant que lors de la précédente enquête, en 2017 (61%).

En amont, 83% des entreprises déclarent avoir mis en place des actions pour enrayer l’absentéisme. La tendance est en légère baisse: elles étaient 84% dans l’enquête de 2017 et 86% dans celle de 2014.

Les entreprises à avoir mis en place 4 actions ou plus, cependant, sont nettement plus nombreuses: elles sont 49%, contre 25% entre 2017. Et, résultat inédit depuis la première enquête en 2013, les contre-visites médicales (51%) ne constituent plus la méthode la plus courante, détrônées par les entretiens de « réaccueil » (retour dans l’entreprise, 57%).

« Lorsqu’ils sont bien mis en place (information et formations), ces entretiens permettent d’obtenir de bons résultats sur le micro-absentéisme », expose l’association.

Celle-ci se félicite également de la progression des plans de prévention des risques psychosociaux, mis en oeuvre dans 31% des entreprises (contre 22% en 2017).

Pour son enquête, l’association, qui souligne qu’il ne s’agit pas d’un panel statistique, a analysé les réponses de 312 entreprises regroupant 409.157 salariés à son questionnaire mis en ligne de janvier 2017 à mai 2018. Une large partie des réponses émane d’entreprises de 101 à 500 salariés (46%) ainsi que du secteur de l’industrie (42%).

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