PARIS, 24 avril 2016 (AFP) – Le gouvernement dévoile mardi le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi à fin mars, dans un contexte social tendu, marqué par la contestation dans la rue contre le projet de loi Travail.

La publication intervient deux jours avant une nouvelle journée de manifestations et de grèves, à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL, Fidl). Elle sera suivie, dimanche, d’un 1er mai également focalisé sur le projet de loi Travail.

Cette réforme, jugée trop favorable aux employeurs par ses détracteurs, vise à donner plus de souplesses aux entreprises, notamment en matière d’aménagement du temps de travail, et à clarifier les règles de licenciement économique.

Le gouvernement espère ainsi lever la « peur de l’embauche » des petits patrons et, à long terme, favoriser l’emploi. Mais dans l’immédiat, l’exécutif est aux prises avec un chômage qui joue au yo-yo depuis juin.

Après une baisse en janvier, le chômage a atteint un nouveau record fin février, avec 3,59 millions de demandeurs d’emploi sans activité inscrits à Pôle emploi. Il a même connu sa plus forte hausse (+38.400, +1,1%) depuis 2013.

Cette dégradation a affecté toutes les classes d’âge, jeunes (+0,5%) comme seniors (+0,9%), et le chômage de longue durée a continué de gagner du terrain (+0,3%).

L’indicateur de Pôle emploi s’est, en revanche, stabilisé en incluant l’outre-mer et les demandeurs en activité réduite, à 5,77 millions de personnes.

Mais ces derniers mois, plusieurs signaux sont passés au vert. A commencer par les embauches, en hausse continue depuis mi-2014.

– Casse-tête politique –

L’Acoss, organisme collecteur des cotisations de sécurité sociale, a enregistré au premier trimestre 1,87 million de déclarations d’embauches pour des contrats de plus d’un mois, un total qui flirte avec le record enregistré au troisième trimestre 2011.

Parallèlement, l’emploi est repassé dans le vert. Selon l’Insee, les entreprises du secteur privé ont créé, en net, 82.300 postes salariés en 2015, après trois années de destructions.

Tous secteurs confondus, la France a même créé 158.000 emplois, permettant au taux de chômage de l’Insee de reculer légèrement (10% en métropole, -0,1 point) en 2015. Cette baisse est toutefois en contradiction avec les 88.200 chômeurs supplémentaires recensés par Pôle emploi sur la même période.

La divergence entre les deux indicateurs, qui ne mesurent pas le chômage de la même manière, est un casse-tête politique pour le président François Hollande, qui conditionne toujours sa candidature en 2017 à une baisse « crédible » du chômage.

« Je demanderai à être jugé sur la question du chômage », a-t-il redit le 14 avril sur France 2.

Mais les prévisions de l’Insee et de l’Unédic n’incitent pas à l’optimisme. L’Institut de la statistique table sur une baisse minime (-0,1 pt) du taux de chômage à 9,9% mi-2016, alors que le gestionnaire de l’assurance chômage s’attend à une baisse similaire sur l’ensemble de l’année.

Seul l’OFCE voit le chômage baisser significativement, à 9,5% fin 2016 (-0,5 pt), un niveau inédit depuis 2012.

L’observatoire précise toutefois que cette baisse serait en partie due à la mise en place du plan de 500.000 formations supplémentaires pour les demandeurs d’emploi, dont les bénéficiaires ne seront plus comptabilisés dans la population active.