« A bout de souffle », le monde de la justice se mobilise le 12 mai

PARIS, 26 février 2020 (AFP) – Les principaux syndicats de magistrats et de fonctionnaires de justice et le Conseil national des barreaux (CNB) se mobiliseront ensemble le 12 mai pour dénoncer « l’inertie de l’Etat » face à « une justice à bout de souffle ».

« Dénonçant l’inertie et le désengagement de l’Etat », les représentants des avocats, des magistrats, des fonctionnaires de justice, dont les greffiers, se réuniront « pour faire remonter les doléances et formaliser leurs propositions pour une réforme d’ampleur de la justice », ont-ils annoncé mercredi dans un communiqué commun.

Lors de cette « première journée nationale pour la justice », ils entendent « proposer ensemble les réformes à même de permettre son fonctionnement, et de sauvegarder l’accès libre, simple et gratuit à la justice pour les citoyens et justiciables ».

Le texte est signé par les deux principaux syndicats de magistrat, l’USM et le SM (l’Union des syndicats de la magistrature et le Syndicat de la magistrature), le Conseil national des barreaux qui représente les 70.000 avocats français, et les syndicats des fonctionnaires de justice.

Leur annonce intervient alors que le monde de la justice est très fortement perturbé depuis huit semaines par la grève des avocats contre la réforme des retraites.

« Malgré les alertes répétées de tous les acteurs qui font vivre la justice au quotidien, elle reste le parent pauvre des politiques publiques », écrivent-ils. Ils visent notamment la loi de programmation et de réforme pour la justice adoptée en mars 2019, qui selon eux « prend acte, en quelque sorte, de la misère de la justice et prévoit un fonctionnement en mode dégradé adapté à cet état ».

Ils citent notamment des « obstacles à l’accès au juge, en première instance et en appel », « la déshumanisation de la justice par l’utilisation débridée de la dématérialisation », « la fin de la proximité du juge et la mutualisation des fonctionnaires de greffe par la fusion des tribunaux d’instance et des tribunaux de grande instance ». Et s’inquiètent de « l’épuisement de professionnels de justice ».

« C’est la place même de la justice dans les équilibres démocratiques qui est aujourd’hui en danger », déplorent les auteurs du texte.

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