« A bout de souffle », les soignants d’une maternité parisienne appellent « à l’aide »

PARIS, 24 septembre 2019 (AFP) – « Sous-effectifs », locaux « vétustes », personnels « à bout de souffle » et au « bord du craquage complet » : une quarantaine de soignants de la maternité de l’hôpital parisien Lariboisière lancent « un appel à l’aide », relayé mardi sur le site du collectif Inter-Urgences.

« C’est un réel cri de détresse », écrivent des « infirmières puéricultrices, des infirmières, des auxiliaires de puériculture, des aide-soignantes » ou encore « des sage-femmes » de ce service situé à proximité de la garde du Nord (Xe arrondissement), dans une tribune dont Le Monde se fait écho.

« Comment assurer la sécurité des patientes, des bébés quand nous sommes en sous-effectifs à flux tendu, que nous vivons au-dessus de nos moyens d’accueil ? », s’interrogent les signataires.

Si rien n’est fait, préviennent-ils, « une catastrophe va arriver » comme « aux urgences générales » de Lariboisière, où une patiente avait été retrouvée morte en décembre sur un brancard, près de 12 heures après son admission.

L’année dernière « déjà », les soignants avaient tiré « la sonnette d’alarme », soutenus par leur chef de service, qui avait menacé « d’arrêter toutes nouvelles inscriptions à la maternité », expliquent-ils dans leur texte.

Un « travail de diagnostic » a alors été lancé, selon la direction de l’Assistance-publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) – dont dépend l’établissement.

Le plan de réorganisation qui en découle prévoit notamment « la création de cinq emplois pour renforcer les effectifs de la maternité » et la transformation des emplois d’infirmières « en emplois sage-femmes pour une prise en charge homogène », a expliqué la direction à l’AFP.

Mais le projet, qui ne pourra être déployé qu’après la présentation le 3 octobre d’une expertise demandée par le CHSCT, ne satisfait pas les auteurs du texte, qui déplorent une « suppression » de postes d’infirmières.

Ils dénoncent en outre des locaux « vétustes avec des prises électriques non protégées, des moisissures aux plafonds, (…) des matelas de lit lacérés » ou « du matériel de soins qui tombe régulièrement en panne et qui n’est remplacé que trois semaines plus tard ».

Et expriment leur « honte » d’avoir parfois à faire sortir de leur chambre de jeunes mères sans abri pour les installer « par terre » avec leur nourrisson dans une petite pièce dédiée, faute de place d’hébergement.

Comme « d’autres maternités parisiennes », Lariboisière assure « la mise à l’abri temporaire pour la nuit » de femmes sortant de maternité « sans solution d’hébergement », rappelle la direction de l’AP-HP, assurant chercher « des solutions individualisées et adaptées à chacune ».

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