A Châlons, Philippe assure le service après-vente des ordonnances

CHALONS-EN-CHAMPAGNE, 1 septembre 2017 (AFP) – Au lendemain de la présentation des ordonnances, Edouard Philippe en a assuré le service après-vente sur la foire de Châlons-en-Champagne où il a promis de « ne pas s’arrêter au droit du travail » pour « régler le problème » du chômage de masse.

Accueilli à son arrivée par quelques dizaines de militants CGT munis de sifflets et une petite délégation de « policiers en colère », le Premier ministre a conclu son allocution après deux heures de visite par une exhortation: « il ne faut pas s’arrêter au droit du travail, il faut aller dans tous les domaines pour que nous puissions régler le problème » du chômage.

Dans les allées de la foire, accompagné du ministre de l’Agriculture Stéphane Travers et de son « ami » et maire (LR) de Châlons Benoist Apparu, M. Philippe a avant tout fait la promotion des cinq ordonnances réformant le code du travail, entre deux stands de champagne, rhums arrangés ou charcuterie.

« Vous êtes au coeur de cette réforme », a-t-il ainsi lancé à l’adresse des exposants, principalement des artisans et petits entrepreneurs, cibles désignées de ce « paquet extrêmement ambitieux ».

Le Premier ministre a aussi argumenté un quart d’heure avec des représentants locaux des cinq principales organisations syndicales (FO, CGT, CFTC, CFDT, CGE-CGC).

« On n’a rien caché, on va parfaitement à l’objectif qu’on s’est fixé. Mais je comprends parfaitement que vous ne soyez pas d’accord », a-t-il expliqué, interpellé avec véhémence par la secrétaire régionale de la CGT, Sabine Duménil.

« Dans les petites boîtes quand il y a sept salariés, 12 salariés, il n’y a aucun intérêt à aller au conflit. Je fais confiance à la capacité qu’ont les Français à s’entendre entre eux », a-t-il encore avancé.

M. Philippe a aussi dû monter au front sur la réduction du nombre d’emplois aidés, en assurant qu’en ce qui concerne les « contrats aidés qui permettent d’accompagner des enfants en situation de handicap dans l’école », 11.000 postes seront « titularisés ».

Le Premier ministre s’est aussi projeté sur la suite de son calendrier de réformes, à savoir, « à la fin du mois de septembre », « une deuxième étape de concertation avec les organisations syndicales et patronales pour améliorer nettement les conditions d’organisation de la formation professionnelle et de l’apprentissage ».

Dans cette perspective, M. Philippe a posé quelques jalons durant sa visite en saluant par exemple des Compagnons du devoir.

« Je suis convaincu que l’un des vrais éléments de sécurité, c’est la formation, c’est la compétence. Plus les jeunes gens que l’on forme sont compétents, plus ils sont à l’aise dans leur métier, capables de continuer à apprendre tout au long », a-t-il lancé en plaidant pour une « formation beaucoup plus efficace, individualisée, pensée avec les acteurs opérationnels du métier »

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