A La Plaine Saint-Denis, réactions contrastées des entreprises après l’intervention du Raid

 PARIS, 18 novembre 2015 (AFP) – Les grandes entreprises comme la SNCF ou encore Orange installées à La Plaine Saint-Denis ont adopté des attitudes contrastées mercredi vis-à-vis de leur salariés, certaines leur demandant de ne pas rejoindre leur bureau en raison de l’assaut du Raid à plusieurs centaines de mètres de là.

Beaucoup d’entreprises se sont récemment installées à la Plaine Saint-Denis, naguère l’une des plus grosses zones industrielles d’Europe, tombée en déshérence et qui a connu ces dernières années une transformation avec la construction du Stade de France et le développement de nouveaux moyens de locomotion qui ont incité de nombreuses entreprises à y installer leur siège.

Bien que situé à bonne distance du coeur de Saint-Denis où intervenait le raid, ces entreprises ont dû faire face à l’inquiétude de leurs salariés, et certaines ont choisi de prendre l’initiative en communiquant auprès de leurs collaborateurs par mail ou SMS.

Ainsi, Orange Business Services, filiale d’Orange a envoyé mercredi matin un mail aux 1.800 salariés travaillant sur le site « Orange Stadium », tout près du stade de France, pour les avertir et leur recommander de ne pas venir, suivi par un SMS allant dans le même sens. Les salariés étaient invités soit à télétravailler ou à se rendre sur d’autres sites du groupe pour la journée.

Chez Engie, « On a fait un message ce matin aux 900 salariés de notre site de Saint-Denis, situé à environ deux ou trois kilomètres du lieu des événements, pour leur dire de reporter leur venue s’ils n’étaient pas déjà arrivés », a déclaré une porte-parole de l’énergéticien (ex-GDF Suez), dont le centre de recherche se trouve à côté du stade.

L’assureur Generali a également mis en garde ses collaborateurs dans un message diffusé sur le réseau twitter: « #SaintDenis Nos bureaux sont ouverts. Nos collaborateurs qui n’ont pas rejoint le site sont appelés à la #prudence ».

– Ne pas céder à la panique –

Dans une autre entreprise dont le siège se situe à deux ou trois kilomètres du centre-ville de Saint-Denis, le comité exécutif qui s’est réuni ce matin n’a pas souhaité donner de consignes à ses 600 collaborateurs « pour ne pas céder à la panique », a expliqué un porte-parole.

« Nous avons informé les collaborateurs de l’état du trafic des transports publics en invitant ceux qui estimaient ne pas pouvoir venir à rester chez eux », ajoute-t-il toutefois.

D’autres entreprises se sont montrées plus rassurantes envers leurs salariés.

« Aucune mesure particulière n’a été prise, le siège de la SNCF se trouvant très éloigné du lieu de l’attaque », a ainsi indiqué le directeur de l’information de la SNCF, Christophe Piednoël, ajoutant que les employés avaient été prévenus que les transports fonctionnaient normalement et que par conséquent, ils pouvaient venir travailler.

Chez SFR, un mail « de réassurance » a été adressé mercredi matin aux 4.500 collaborateurs, sur la base des informations de la Préfecture, le siège de l’opérateur de télécoms étant situé à La Plaine Saint-Denis, qui ne faisait pas l’objet de restrictions de sécurité.

La Haute autorité de santé souligne de son côté que ses salariés, implantés sur deux sites de la Plaine Saint-Denis, se sont présentés à leur poste ce matin. Dès lundi, un vigile a été posté à l’entrée, ajoute la HAS.

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