A La Réunion, Girardin annonce 1.000 emplois aidés supplémentaires avant fin 2018

SAINT-DENIS DE LA RÉUNION, 29 novembre 2018 (AFP) – La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a annoncé jeudi la création de 1.000 emplois aidés supplémentaires avant la fin de l’année à La Réunion, où elle est en déplacement pour tenter d’apaiser la crise des « gilets jaunes » qui paralyse l’île.

« J’ai obtenu avant mon arrivée ici à La Réunion 500 contrats de plus pour des CDI dans les entreprises, et 500 pour le secteur associatif qui devront par contre être attribués avant la fin de l’année 2018 », a déclaré Mme Girardin lors d’un discours.

« Avec le reliquat qui existe déjà de 900 contrats qui sont en attente de signature, c’est 1.900 contrats qui pourront être pourvus d’ici un mois, si l’activité reprend au plus vite », a précisé la ministre des Outre-mer.

La ministre a poursuivi sa visite jeudi dans l’île où la tension n’était pas retombée. Une vingtaine de barrages étaient toujours en place en début de soirée.

Mme Girardin s’est rendue dans le sud, avec un premier arrêt à la sous-préfecture de Saint-Pierre, devant laquelle les tensions étaient fortes. Des manifestants ont forcé le portail du bâtiment avant d’être repoussés par les forces de l’ordre.

Le « plan blanc », qui organise le système de santé lors de circonstances exceptionnelles, est par ailleurs activé par l’Agence de Santé Océan Indien (ARS) depuis mercredi.

Car après treize journées consécutives « de blocage intense des voies de circulation », il y a nécessité que « les directeurs d’établissements de santé publics puissent organiser, en fonction de chacun des contextes, la poursuite des activités hospitalières pour répondre aux situations d’urgence », a écrit l’ARS dans un communiqué.

Enfin, sept des onze parlementaires de La Réunion ont décliné l’invitation de la ministre à participer à une réunion de travail jeudi soir.

« Rendons vie ensemble à la Réunion », a exhorté Mme Girardin lors de son discours, disant avoir entendu « une juste attente, une immense exigence, celle de la dignité ».

« Toutes les entreprises réunionnaises peuvent bénéficier de plusieurs mesures d’urgences », a-t-elle indiqué, citant une « procédure accélérée de traitement des demandes de chômage partiel », un « étalement sur trois mois des échéances fiscales et sociales qui seront traitées entreprises par entreprises », des « prêts de trésorerie accordés par les banques aux entrepreneurs avec une garantie publique apportée par la Banque publique d’investissement ».

La BPI pourra également « reporter certaines échéance de remboursement de prêt pour alléger la trésorerie des entreprises touchées par les évènements », a-t-elle jouté.

Elle a rappelé les objectifs de son plan pour les Outremer: « zéro charge autour du Smic pour faciliter les embauches », diminution de l’imposition sur les sociétés, ainsi qu’une « politique ambitieuse d’investissements publics qui permettra de créer un véritable choc d’activité ».

La plupart des « gilets jaunes » avaient exprimé leur déception après des premières annonces faites mercredi soir par Mme Girardin, car elles sont pour la plupart déjà incluses dans le Plan pauvreté voté en septembre et applicable dans toute la France en janvier 2019.

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