A Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), grève des facteurs depuis 164 jours

RIVESALTES, 11 mai 2016 (AFP) – L’ancien secrétaire général de la CGT Bernard Thibault est venu mercredi soutenir les facteurs de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), dont la majorité observe un mouvement de grève depuis le 30 novembre 2015, soit 164 jours, a constaté un correspondant de l’AFP.

Depuis quinze jours, les grévistes ont érigé une grande tente au centre de Rivesaltes, dans laquelle ils se relayent nuit et jour. « C’est notre Nuit Debout. C’est un combat collectif », a déclaré à l’AFP Laura Sanchez, postière depuis 27 ans, déterminée à « ne pas lâcher » sans avoir complètement obtenu gain de cause.

Parti de revendications sur la réorganisation du centre de courrier de Rivesaltes qui couvre six communes, le mouvement, suivi par 12 des 18 facteurs, sur 37 agents au total, ne se focalise plus que sur les sanctions que la direction de la Poste maintient contre l’un d’entre eux, a-t-on appris auprès des deux parties.

« Toutes les revendications des syndicalistes ont obtenu satisfaction », a déclaré à l’AFP une porte-parole de la direction régionale de La Poste à Montpellier. « Reste un point d’achoppement: une procédure disciplinaire qui concerne un des agents grévistes pour des faits qui ne sont pas liés au conflit », a-t-elle ajouté, « la direction reste ferme » car « les faits sont graves ».

La restructuration du centre de courrier de Rivesaltes prévoyait à l’origine la suppression de deux postes et l’allongement des tournées des facteurs, selon la CGT et Sud, à l’initiative du mouvement.

« Nous avons obtenu ce que nous voulions en termes de revendications au niveau du travail (…). Ce qui coince aujourd’hui ce sont les sanctions », a déclaré à l’AFP Alexandre Pignon, 35 ans, le postier dont la mise à pied de deux ans pourrait être confirmée en conseil de discipline le 31 mai. Il affirme être accusé « d’une agression physique sur le directeur de la Poste de Rivesaltes » qui « n’a jamais eu lieu ».

Depuis février, les grévistes disent ne plus être payés du tout. « On tient financièrement grâce à la solidarité syndicale et celle des usagers », a dit Laura Sanchez.

« Ma place est ici », a déclaré l’ex-secrétaire général de la CGT Bernard Thibault.

cor-chv/rz/bir