Accès aux soins des migrants: Buzyn défend des mesures de « responsabilité », la gauche vent debout

PARIS, 7 novembre 2019 (AFP) – Agnès Buzyn a défendu jeudi des mesures de « responsabilité » devant l’Assemblée, où le gouvernement propose comme prévu une carence de trois mois pour l’accès à la Sécu de base des demandeurs d’asile, hors soins urgents, face à une gauche vent debout contre une « manoeuvre indigne ».

L’exécutif présente une série d’amendements au budget de Santé pour 2020 après les mesures annoncées par le Premier ministre mercredi. Ils conduisent à une baisse de 15 millions d’euros de la dotation de l’Aide médicale d’Etat (AME), ramenant son budget à 919 millions d’euros.

Pour l’AME, destinée aux personnes en situation irrégulière, le gouvernement propose un accord « préalable » de la Sécurité sociale pour « certains soins » non urgents. Seront concernés « la chirurgie de la cataracte, les prothèses de genou ou de hanche et certains actes de kinésithérapies », a indiqué la ministre de la Santé.

Pour les immigrés arrivés avec un visa touristique, l’exécutif propose un délai de trois mois après l’expiration de leur visa pour accéder à l’AME et de renforcer le contrôle sur leur résidence en France.

L’objectif est « d’éviter les demandes frauduleuses » par des personnes qui ne sont pas sur le territoire français, selon Mme Buzyn.

Enfin, il est prévu, comme annoncé, un délai de carence de trois mois pour la prise en charge des soins des demandeurs d’asile (la protection universelle maladie dite PUMa), sauf soins urgents.

Sont exclus les soins « hospitaliers vitaux, les maladies infectieuses, les soins délivrés aux femmes enceintes et nouveaux nés, et le délai de carence n’est pas applicable aux enfants mineurs », a insisté Mme Buzyn qui défend des principes « d’humanité et de santé publique » mais aussi de « responsabilité » face au dévoiement de certains dispositifs ».

La gauche, à l’instar du socialiste Joël Aviragnet, a accusé Emmanuel Macron de « sombrer dans l’indignité pour se faire réélire » avec des « mesures criminelles » (LFI). Le communiste Pierre Dharréville a fustigé des mesures « en même temps de droite et d’extrême droite, injustes, choquantes ».

La ministre a dénoncé des « propos outranciers », le MoDem Cyrille Isaac-Sibille défendant une réponse « pondérée et équilibrée ».

Une dizaine de « marcheurs » devraient voter contre, comme Martine Wonner l’a indiqué dans l’hémicycle.

Chez les LR, Véronique Louwagie a jugé les propositions « largement insuffisantes » et appelé à « recentrer » l’AME « sur les soins vitaux et urgents ».

Marine Le Pen a proposé de la « supprimer » et dénoncé une « mesure dérisoire » et « une pièce de théâtre ».

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