Accord Etat-régions pour une meilleure coordination sur la formation et l’emploi

PARIS, 30 mars 2016 (AFP) – Mieux coordonner les actions de l’Etat et des Conseils régionaux en matière d’emploi et de formation: c’est l’objectif de l’accord signé mercredi à Matignon entre Manuel Valls, notamment en vue du plan de 500.000 formations pour les chômeurs de François Hollande.

Cet accord obtenu avec l’Association des régions de France (ARF), fruit de la réforme territoriale et de la concertation transpartisane lancée avec les présidents régionaux élus en décembre, vise notamment à mieux adapter les formations et les parcours des demandeurs d’emploi aux besoins locaux.

« Mieux faire ensemble: tel est l’objectif », a déclaré le Premier ministre lors d’une conférence de presse, au côté du nouveau président de l’ARF, Philippe Richert (Les Républicains).

Ce « partenariat Etat-régions » confirme la prise en charge « grâce à des financements d’Etat supplémentaires » des nouvelles formations pour les chômeurs menées au niveau régional, dans le cadre de l’objectif décidé par le président Hollande au lendemain des élections régionales, de 500.000 formations supplémentaires.

Avec la loi NOTRe adoptée l’an dernier dans le cadre de la réforme territoriale, les régions, dont certaines ont vu leur superficie multipliée par trois, sont devenues les collectivités de référence pour le développement économique, dont la formation professionnelle. En matière d’emploi, la loi prévoit que la compétence soit davantage coordonnée entre l’Etat et les régions, ce que cet accord en trois axes vient entériner.

Ainsi, en vertu du nouvel accord, les régions « qui le souhaitent co-piloteront avec l’Etat le service public régional de l’emploi » et l’orientation des crédits nationaux de la formation.

Les régions pourront, « en mobilisant leurs moyens en matière de développement économique et de formation, conventionner avec Pôle emploi afin d’améliorer les dispositifs d’accompagnement des demandeurs d’emplois », a expliqué M. Valls.

– « Nouvelle façon de travailler avec Pôle Emploi » –

Le deuxième volet est centré sur la formation des jeunes. Une expérimentation va ainsi être lancée pour étendre de 25 à 28 ans l’âge maximal de l’apprentissage et un millier de postes supplémentaires dans l’enseignement professionnel seront créés, dans le cadre du plan global de création de 60.000 postes d’enseignants.

En matière de formation, l’objectif est en particulier d’investir « massivement » pour que les demandeurs d’emplois apprennent des métiers « dans les secteurs qui recruteront demain, notamment le numérique et la transition énergétique ».

Enfin, troisièmement, l’Etat et les régions veilleront à ce que les organes économiques nationaux (BPI, Agence France Entrepreneur…) « soient bien en phase avec les stratégies et les orientations régionales », de même que les pôles de compétitivité, où le pouvoir des régions sera renforcé.

Avec ce partenariat, « nous voulons affirmer le rôle essentiel des régions, à l’échelle locale, pour le développement économique et le soutien ciblé aux PME et aux ETI », les entreprises de taille intermédiaire, à souligné Manuel Valls.

Au delà du plan 500.000 formations, Philippe Richert s’est félicité que les régions mettent en place, « avec Pôle emploi, une nouvelle façon de travailler ». Le président de l’ARF a salué l’accord comme « un pas vers une décentralisation accrue, garante d’une meilleure efficacitédes politiques publiques ».

Seul parmi les présidents de région à traîner les pieds, Laurent Wauquiez (LR, Rhône-Alpes-Auvergne) a dénoncé derrière l’objectif de 500.000 formations supplémentaires « la volonté d’orienter un maximum de monde vers des formations au rabais pour les sortir des statistiques du chômage », mercredi dans une interview au Progrès.

« Ce que nous mettons en place c’est sur un temps long », a souligné pour sa part Manuel Valls, qui a par ailleurs annoncé la tenue de quatre rencontres entre l’Etat et les régions dans l’année qui vient, notamment sur les finances locales ou les transports.

dch-map/glr/sd