Actions contre le Medef: Gattaz dénonce un climat « nauséabond » et un « sentiment d’impunité »

PARIS, 14 juin 2016 (AFP) – Le président du Medef, Pierre Gattaz, a dénoncé mardi les « méthodes de la CGT et de ses affidés » lors de récentes actions ayant visé l’organisation patronale, évoquant un climat « nauséabond » et un « sentiment d’impunité ».

« Je pense qu’il faut que le gouvernement reprenne la main et surtout fasse respecter l’état de droit de manière urgente pour corriger toutes ces dérives », a déclaré M. Gattaz lors de sa conférence de presse mensuelle au siège de l’organisation patronale, cible notamment dans la nuit de lundi à mardi de jets de peinture, et qui avait été occupé il y a une semaine par une centaine d’intermittents.

Montrant des photos de récentes actions contre le syndicat patronal dans divers endroits en France – et notamment de manifestations au cours desquelles son effigie a été brûlée ou plantée au bout d’une pique – le patron des patrons a estimé qu’il n’y avait « plus le moindre respect » et dénoncé « une perte totale de repères, de valeurs citoyennes et républicaines ».

Début juin, des manifestants avaient bloqué quelques heures l’entrée d’une usine de Radiall, l’entreprise de Pierre Gattaz, en Isère.

La CGT-Energie du Var a aussi démonté récemment le compteur électrique d’une propriété de M. Gattaz à Saint-Raphaël.

« Tout cela est terriblement nauséabond, détestable », a-t-il jugé, regrettant que le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez n’ait pas condamné ces agissements. « J’attends que M. Martinez condamne ces actes d’intimidation, de violence, de blocages », a-t-il insisté.

M. Gattaz a dénoncé une « protection à vie parfois abusive » de syndicalistes et suggéré de « limiter le nombre de mandats syndicaux ».

Par ailleurs, « comment peut-on défendre encore l’idée d’un mandatement syndical obligatoire dans les TPE (très petites entreprises, NDLR) et les PME quand on voit que deux des principaux syndicats représentatifs se comportent comme cela? », a-t-il demandé.

Regrettant que le Medef n’ait « pas la capacité d’+ester en justice+ (exercer un recours devant un tribunal, NDLR) », il a demandé à ce que l’organisation puisse « agir au nom de ses membres ».

Il a par ailleurs appelé à mettre en place « un service minimum économique » pour empêcher de tels blocages.

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