Aérien: la filiale française de la compagnie irlandaise CityJet placée en liquidation judiciaire

BOBIGNY, 28 mai 2020 (AFP) – Le tribunal de commerce de Bobigny a prononcé jeudi la liquidation judiciaire de la succursale française de Cityjet, compagnie aérienne irlandaise, entraînant la suppression d’environ 80 emplois, selon le jugement consulté par l’AFP.

En janvier 2020, l’entreprise irlandaise CityJet a annoncé vouloir mettre en place un plan social pour sa base française, qui devait concerner 54 des 82 salariés, « avant de faire marche arrière, d’annuler le plan social et de mettre les salariés en chômage partiel Covid-19 en mars », retrace Jacques Fabre, délégué syndical à l’Unac CityJet, à l’AFP.

Une « liquidation judiciaire immédiate sans maintien d’activité », concernant la totalité des salariés, a finalement été prononcée, selon le jugement prononcé après une audience le 13 mai.

Cette décision fait suite à une procédure d’insolvabilité principale ouverte par la justice irlandaise en avril, en raison des difficultés financières avancées par l’entité irlandaise.

Cityjet a ensuite entamé une procédure d’insolvabilité secondaire pour sa succursale française, localisée à l’aéroport Charles-de-Gaulle, mettant en avant l’absence de perspective de redressement, faute d’activité.

La compagnie est une ancienne filiale d’Air France qui l’a cédée en 2014. Sa succursale française avait continué de travailler en partenariat avec Air France, son unique client, en lui louant des avions avec équipage pour sa desserte régionale. Le contrat avait été rompu en 2019.

« Ce ne sont pas les AGS (régime de garantie des salaires, ndlr) de la France qui doivent financer le plan social, mais l’entreprise irlandaise », vitupère M. Fabre.

L’entité irlandaise « aurait dû mener un plan social classique », mais là « on licencie tout le monde au rabais, sans négociation », ce qui fait notamment « perdre quelques mois de salaire » aux salariés, déplore Olivier Rabateau, délégué syndicat du SNPL CityJet et représentant au CSE pour les pilotes.

La compagnie « a encore du cash », affirme-t-il, pointant un « effet d’aubaine » lié au chômage partiel dans le cadre de l’épidémie de covid-19.

Le secteur aérien est frappé de plein fouet par la pandémie de covid-19, qui a cloué les avions au sol, entrainant déjà plusieurs faillites et des milliers de suppressions d’emplois.

La compagnie aérienne britannique EasyJet a ainsi annoncé jeudi la réduction de près d’un tiers des effectifs, soit environ 4.500 postes.

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