Aéronautique: vote d’un accord de compétitivité à Derichebourg malgré une colère syndicale

BLAGNAC, 12 juin 2020 (AFP) – Quelque 200 à 300 salariés de Derichebourg aeronautics services ont manifesté vendredi à Blagnac (Haute-Garonne) leur colère après le vote d’un accord de performance collective (APC) chez cet important sous-traitant d’Airbus, ébranlé par la baisse d’activité dans le secteur.

« On a choisi à FO de sauver l’emploi », a indiqué à l’AFP Le secrétaire général FO du CSE de l’entreprise, Eric Fabre, dont le syndicat, majoritaire, a approuvé l’accord.

Le syndicaliste indique qu’à l’entame des négociations avec la direction, celle-ci « prévoyait un PSE de 700 personnes sur les 1.600 salariés » que compte cet important sous traitant d’Airbus, dont 1.400 travaillent sur les sites de l’agglomération toulousaine.

L’accord signé prévoit la suppression d’acquis sociaux notamment une indemnité de transport, une indemnité de repas qui « a été remplacée par des tickets restaurant » et « la suppression du 13e mois pour les salariés qui gagnent plus de 2,5 fois le SMIC », a-t-il indiqué.

« Il était important de protéger les plus bas salaires », a souligné M. Fabre.

L’aval de FO suscite pourtant la colère d’une partie des salariés, rassemblés dans une coordination aux côtés des syndicats Unsa et CFE-CGC.

Sur les grilles du parking de Derichebourg aeronautics services plusieurs banderoles et slogans hostiles à FO (55% des votes aux dernières élections professionnelles), étaient déployés.

« Nous dénonçons la perte d’acquis sociaux qui a été décidée de façon précipitée alors qu’un plan d’aides de 15 milliards d’euros a été présenté mardi » par le gouvernement, s’indigne un représentant de l’Unsa.

« La CFE-CGC ne signera pas cet accord, nous n’avons pas eu de véritables négociations et l’effort pèse uniquement sur les salariés », a pour sa part déploré sa représentante, Carine Adam.

Ces deux syndicats dénoncent « un accord à durée indéterminée » qui entérinerait la perte définitive d’acquis sociaux.

« Un syndicat majoritaire décide en notre nom, sans en avoir discuté préalablement avec l’ensemble des salariés », proteste Théo Vanhelst, « inspecteur qualité mécanique dans l’entreprise depuis huit ans, non syndiqué et membre de la coordination ».

« Personnellement, j’ai déjà perdu des primes avec la nouvelle organisation des chaines de production depuis le confinement et l’on me demande encore un effort », complète-t-il.

En grève depuis mardi, les salariés hostiles à l’APC devaient décider ultérieurement de la suite à donner à leur mouvement.

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