Affaire Tefal: rassemblement de soutien à une inspectrice du travail

PARIS, 5 septembre 2018 (AFP) – Environ 120 personnes ont manifesté mercredi matin devant l’ancien palais de justice à Paris pour soutenir une inspectrice du travail qui se pourvoyait en cassation après sa condamnation pour violation du secret professionnel et recel de courriels de l’entreprise Tefal .

Laura Pfeiffer, qui avait été condamnée en appel en novembre 2016 à 3.500 euros d’amende avec sursis, s’est dite « optimiste » à la sortie de l’audience quant à la décision de la Cour de cassation, attendue le 17 octobre.

« Le ministère public va dans mon sens », a-t-elle dit à l’AFP, indiquant qu’il avait demandé l’annulation de l’arrêt en appel « en raison de la promulgation entre temps de la loi Sapin 2 sur les lanceurs d’alerte. »

Les cinq organisations syndicales d’inspecteurs du travail (CGT, CNT, FO, FSU, Sud) qui avaient appelé à la grève et à un rassemblement de soutien à l’inspectrice mercredi, ont déployé place Dauphine une banderole demandant le « respect de l’indépendance de l’inspection du travail » et un « abandon des poursuites contre (leur) collègue ».

Il était reproché à Laura Pfeiffer d’avoir rendu publics des mails internes à Tefal montrant que la direction de l’entreprise avait cherché à entraver le travail de l’inspectrice.

« Cette affaire reflète un souhait évident du patronat d’être le seul maître à bord », a dénoncé le député de la France insoumise François Ruffin, venu au rassemblement.

Il a également estimé qu’elle illustrait la « colonisation de l’Etat par les intérêts privés ». « Les supérieurs hiérarchiques préfèrent s’accorder avec la métallurgie locale plutôt que de soutenir leur inspectrice du travail », a-t-il accusé.

Laura Pfeiffer avait saisi fin 2013 le Conseil national de l’inspection du travail et transmis en parallèle à sept syndicats des mails qu’un informaticien de Tefal lui avait envoyés anonymement et qui concernaient son travail d’inspectrice. C’est cet envoi aux organisations syndicales qui lui a valu sa condamnation.

Ces mails contenaient notamment des échanges entre des cadres de Tefal et son supérieur hiérarchique — avec lequel elle était en conflit. Celui-ci remerciait par exemple l’entreprise du groupe Seb d’avoir pris un membre de sa famille en stage.

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