Agnès Buzyn, une femme médecin à la Santé

PARIS, 17 mai 2017 (AFP) – Après Marisol Touraine et son profil très politique, c’est une médecin qui prend les rênes du ministère de la Santé : professeur spécialisée en hématologie, enseignante et chercheur, Agnès Buzyn était depuis mars 2016 la présidente de la Haute autorité de santé (HAS).

Quelques heures avant sa nomination surprise, cette femme de 54 ans présidait mercredi matin une conférence de presse à la HAS, à Saint-Denis, près du Stade de France. Son thème : l’introduction des tests ADN de dépistage prénatal de la trisomie 21 dans le dispositif officiel de santé national.

« Notre programme de dépistage de la trisomie 21 est l’un des plus performants au monde », assurait-elle aux journalistes… qui étaient alors loin de se douter qu’ils écoutaient la future ministre.

Un peu plus tard, cette longue femme élégante avait dû quitter prématurément la conférence de presse après un coup de téléphone. Qui scellait sa nomination comme ministre des Solidarités et de la Santé, nouvel intitulé du portefeuille (après Affaires sociales et Santé) ?

Issue d’une famille de médecins, ancienne interne des Hôpitaux de Paris, Agnès Buzyn a réalisé la majeure partie de son parcours de clinicienne hématologue et d’universitaire à l’Université Paris V-Hôpital Necker. Elle a été responsable de l’Unité de soins intensifs d’hématologie adulte et de greffe de moelle de 1992 à 2011.

Comme chercheur, ses travaux ont donné lieu à plus de 150 publications dans des revues scientifiques en langue anglaise.

Elle gardait jusqu’à présent une activité de consultation d’hématologie à l’hôpital Saint-Antoine à Paris.

Elle a également été membre du conseil médical et scientifique de l’agence de biomédecine (2005-2008) et présidente du conseil scientifique de la société française de greffe de moelle et de thérapie cellulaire (2008-2011).

Au sein des agences de l’Etat, elle a présidé le conseil d’administration de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) de 2008 à 2013. Elle a été présidente de l’Institut national du cancer (INCa) de mai 2011 à février 2016 avant de prendre la tête de la HAS.

« C’est quelqu’un qui a une grosse force de travail, est extrêmement humaine dans l’approche des dossiers et très respectueuse des personnes », a raconté à l’AFP le docteur Jérôme Viguier, de l’INCa, qui décrit aussi une femme « très gourmande »: « Il y avait toujours des gâteaux dans les réunions. Elle en rapportait de sa maison en Corse ».

Agnès Buzyn a trois enfants et est mariée au spécialiste du sida Yves Lévy, directeur de l’Inserm.

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