Agriculteurs en crise: la MSA doit aider toujours plus avec toujours moins

PARIS, 22 juin 2017 (AFP) – Au bout de deux ans de crise agricole, la sécurité sociale des agriculteurs doit adapter les mesures d’urgence qu’elle avait déployées pour continuer à assurer l’aide qu’elle apporte à un monde agricole en détresse, alors même qu’elle doit réduire ses moyens.

« Les agriculteurs sont dans un contexte compliqué depuis deux ans avec des crises permanentes », a déclaré jeudi Pascal Cormery, président de la Mutualité sociale agricole (MSA), lors d’une conférence de presse, indiquant qu’il s’attendait à ce que plus de 50% des agriculteurs affichent des revenus en dessous des 350 euros par mois en 2016.

Conséquence de cette chute des revenus, la MSA a assisté à une hausse importante des demandes de prime d’activité (dispositif pour les travailleurs à revenu modeste qui a remplacé le RSA activité): alors que 153.000 dossiers de demandes avaient été déposés en juin 2016, elle comptait 254.000 demandes en juin 2017 pour 1,2 million de cotisants à la MSA.

Face à cet afflux inattendu, et à « une absence totale de moyens supplémentaires », selon un communiqué, la MSA est actuellement en train de résorber les stocks de 2016. En avril 2017, 96.050 foyers étaient effectivement bénéficiaires du RSA.

En 2016, les mesures d’urgence du gouvernement appliquées par la MSA ont représenté une baisse de 560 millions d’euros en allégement de charges sociales.

Par ailleurs, la MSA s’est engagée auprès de l’Etat dans une convention d’objectifs et de gestion à supprimer 1.300 emplois et baisser ses dépenses de 15%, d’ici 2020.

« Mais au-delà des chiffres, la vraie crise est morale », a ajouté le président de la MSA.

Face à la montée en charge importante du nombre d’appels à la permanence de prévention du suicide Agri’écoutes (une moyenne de 100 par mois en 2015, 300 par mois en 2016), la MSA s’interroge sur la possibilité de professionnaliser le service jusqu’ici assuré par des associations bénévoles. Cela permettrait notamment d’augmenter le taux de réponse aux appels.

Par ailleurs, le service de financement du remplacement des agriculteurs en situation de surmenage, appelé « aide au répit » et doté d’un budget de 4 millions d’euros, peine à démarrer. A la fin mai, seules 600 personnes en avait bénéficié pour un budget de 900.000 euros.

« Nous espérons que d’ici la fin de l’année, nous aurons dépensé cette enveloppe », a assuré M. Cormery alors que selon le communiqué « 1.000 bénéficiaires potentiels ont été détectés ».

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