Aide aux personnes âgées: les syndicats réclament « des mesures immédiates » à l’Elysée

PARIS, 21 février 2019 (AFP) – Renforcement des effectifs auprès des personnes âgées, revalorisations salariales… L’intersyndicale représentant les personnels des maisons de retraites médicalisées (Ehpad) et des services à domicile a rappelé jeudi à l’Elysée ses revendications, inchangées depuis la mobilisation large et inédite du secteur il y a un an.

« Il n’y a eu aucune amélioration de nos conditions de travail, les salariés sont exploités, les conditions de vie de nos aînés son dégradées », a résumé Malika Belarbi (CGT) lors d’un point de presse organisé dans la matinée Place Chassaigne Goyon, dans le VIIIe arrondissement de la capitale, non loin de l’Elysée où une délégation attendait d’être reçue.

Quelque « 30.000 cartes pétition » et « 600 motions » devaient ainsi être remises à l’entourage d’Emmanuel Macron, invité à prendre « des mesures immédiates » pour le secteur de l’aide aux personnes âgées sans attendre la future loi sur la dépendance, selon Luc Delrue (FO).

Sans quoi, les syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, Solidaires, etc.) et l’association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) pourraient décider d’une nouvelle mobilisation, a prévenu M. Delrue.

Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées pour l’occasion, entourées de blouses blanches pendues sur des cordes, signées par des personnels bretons et sur lesquelles on pouvait lire « Vivez ce que vous décidez ». « Un message envoyé à nos parlementaires qui votent les budgets », a expliqué à l’AFP Eve Rescanieres (CFDT).

En janvier et mars, des milliers de personnes se disant « à bout » avaient manifesté pour dénoncer la « maltraitance institutionnelle » des personnes âgées et réclamer des moyens.

Dans la foulée, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait annoncé une série de mesures, dont le renforcement de la présence d’infirmières la nuit dans les Ehpad.

Le gouvernement avait également débloqué 50 millions d’euros en 2018 pour les établissements en difficulté.

Mais « le compte n’y est pas », a estimé le président de l’AD-PA, Pascal Champvert, l’intersyndicale réclamant un doublement du nombre de salariés dans les Ehpad, pour un coût de 10 milliards d’euros par an.

En janvier, Agnès Buzyn a annoncé une « prime » aux aides-soignants des Ehpad, son ministère ayant depuis précisé qu' »une prime préexistante » attribuée sous certaines conditions serait revalorisée et son champ d’application élargi.

Une « négociation » avec les syndicats « devrait s’ouvrir prochainement » sur ce sujet, ainsi que sur le « diplôme d’aide-soignant », selon Luc Delrue.

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