Air France: accord avec le syndicat de pilotes SNPL sur le transfert d’instructeurs

PARIS, 28 mai 2018 (AFP) – La direction d’Air France et le principal syndicat de pilotes de la compagnie, le SNPL, sont parvenus à un accord lundi sur la formation de pilotes sur Boeing 787, bloquée en raison d’un différend sur des questions liées à la sécurité des vols, a-t-on appris auprès de la direction.

Air France avait dû clouer au sol en mai un de ses six Boeing 787 Dreamliner en raison de la non reconduction par le SNPL d’un accord -qui arrivait à terme le 30 avril- permettant le transfert d’instructeurs de Boeing 777 vers les Boeing 787. L’immobilisation de cet appareil a coûté entre 2 et 3 millions d’euros, selon la direction.

Le syndicat avait refusé de prolonger l’accord sur le transfert d’instructeurs, soumettant son approbation à la prépondérance de la voix des pilotes au sein d’une instance, l’ASR (Air Safety Report), qui examine les rapports de sécurité des pilotes et juge de « l’acceptabilité » ou non d’une erreur mettant en cause la sécurité du vol.

Un autre accord, qui portait sur l’exploitation des données des boîtes noires des appareils dans le cadre de la maintenance prédictive des avions, faisait également partie des discussions.

L’accord sur le transfert des pilotes sera en vigueur jusqu’au 31 mars 2019 et devrait permettre de former les 7 commandants de bord et 10 co-pilotes par avion.

Les deux autres accords signés lundi sont limités à une durée de six mois dans un premier temps.

« Je vous annonce ici que les trois accords (…) ont été signés. Un grand merci à ceux qui nous ont fait confiance et ont donc permis ces avancées importantes pour la sécurité des vols, l’économie de l’entreprise et cette issue heureuse pour le 787 », a commenté Philippe Evain, le président du SNPL dans un tweet.

Air France compte six Boeing 787, le premier étant entré dans sa flotte fin 2016.

La signature de cet accord intervient au moment où Air France traverse une profonde crise avec le départ de son PDG Jean-Marc Janaillac, qui a jeté l’éponge début mai à la suite du rejet par le personnel de sa proposition d’accord salarial, au terme de négociations accompagnées de grèves par intermittence depuis le 22 février.

L’ancienne ministre Anne-Marie Couderc assure désormais la présidence non-exécutive d’Air France-KLM, entourée d’un comité de direction collégial, en attendant que soit trouvé un successeur.

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