Air France: accord majoritaire chez les hôtesses et stewards

PARIS, 12 juillet 2017 (AFP) – Les 13.000 hôtesses et stewards d’Air France vont être dotés d’un accord collectif d’une durée de cinq ans, deux syndicats ayant accepté un texte qui a fait l’objet d’un bras de fer de plusieurs mois avec la direction.

L’actuel texte fixant les conditions d’exercice, de carrière et de rémunération des personnels navigants commerciaux (PNC) d’Air France arrivait à échéance fin octobre 2016. Il a été prolongé à plusieurs reprises le temps de parvenir à un nouvel accord.

C’est chose faite depuis mercredi et la signature par l’Unsa-PNC d’un accord valable pour cinq ans ( du 1er septembre 2017 au 31 octobre 2022), au lendemain de la signature de l’Unac/CFE-CGC. A elles deux, ces organisations totalisent 66% des voix parmi les PNC.

Le SNPNC/FO, autre syndicat représentatif, fera connaître sa position le 24 juillet à l’issue d’une consultation de ses adhérents.

« Il n’y a pas un gagnant et un perdant », puisque l’accord offre « une protection à long terme » pour les salariés et « améliore la compétitivité de l’entreprise », a commenté auprès de l’AFP Gilles Gateau, directeur des ressources humaines d’Air France, en saluant « le triomphe d’un esprit de compromis ».

Entamées il y a plusieurs mois, les négociations ont été jalonnées par deux grèves -d’une semaine à l’été 2016 et de trois jours en mars- et par plusieurs rebondissements.

Seule l’Unac avait signé mi-mars un projet d’accord pour quatre ans (2017-2021). Cette signature ne suffisant pas à le rendre juridiquement contraignant, la direction avait défini de manière unilatérale les règles applicables aux PNC pour les trois prochaines années.

Début juillet, elle a pourtant soumis aux syndicats un nouveau projet, dans une ultime tentative pour arracher un accord.

– Productivité et emploi –

Elle a en outre mis sur la table un texte visant à limiter l’expansion de la compagnie (projet « Boost ») qu’elle entend créer à l’automne, une filiale employant des PNC recrutés en externe. L’accord limite la flotte à dix avions long-courriers et 18 moyen-courriers et, surtout, exclut toute « mobilité contrainte » depuis Air France vers la nouvelle compagnie.

Bien que toujours opposée au projet « Boost », l’Unsa a donné son feu vert aux deux accords car ses adhérents « se sont prononcés à 61,6% en faveur d’une signature », explique-t-elle dans un tract.

L’accord collectif, « malgré quelques mesures productivistes », offre « une protection non négligeable », comparé à une « note de direction bien pire et surtout imposée de façon unilatérale », écrit l’Unsa. Les grèves auxquelles elle a pris part ont permis de « limiter les dégâts », assure-t-elle.

Les « mesures d’efficacité économique » concernent notamment « la flexibilité dans la construction des plannings », certaines rotations étant par exemple « adaptées » afin de faire des « économies sur les frais d’hébergement et de restauration », a précisé M. Gateau.

L’entreprise s’engage en outre à recruter « au moins 500 CDI » pendant la période de l’accord. Les premières embauches interviendront « dès l’année prochaine », alors qu’il n’y a eu « aucun recrutement » chez les PNC d’Air France « dans les 8 dernières années », rappelle le DRH