Air France: feu vert des pilotes SNPL à l’essor de Transavia

PARIS, 27 mai 2019 (AFP) – Le syndicat de pilotes SNPL a annoncé lundi être « volontaire pour négocier avec la direction le développement de Transavia », la filiale à bas coûts d’Air France-KLM, en revenant sur un accord limitant à 40 son nombre d’appareils.

« Les représentants syndicaux du SNPL ont approuvé à 97% une motion permettant de négocier le déplafonnement de la limite actuelle de 40 avions », indique le premier syndicat de pilotes d’Air France dans un communiqué, diffusé à la veille de l’assemblée générale du groupe.

Le SNPL annonce le lancement cette semaine d’un « cycle de négociation portant sur l’expansion de Transavia France » devant permettre de revenir sur le quota d’appareils de la filiale « low-cost ». Etabli dans un accord de 2014 pour limiter le transfert d’activité depuis Air France-KLM, ce quota est en passe d’être atteint avec 38 avions en rotation d’ici cet été.

« Le SNPL s’engage dans cette négociation avec confiance afin de trouver les modalités d’un accord qui permette à Transavia de devenir un acteur low-cost majeur », déclare dans ce communiqué le président du SNPL-Air France Guillaume Gestas, lui-même commandant de bord détaché chez Transavia.

« On s’est fixé l’objectif d’aboutir à un accord d’ici juillet », précise à l’AFP son vice-président, Guillaume Schmid, estimant que « Transavia est un moyen d’attaquer les low-cost qui mènent une stratégie offensive en France ».

« Cette nouvelle avancée est un signe fort de l’amélioration des relations sociales et de la culture du dialogue au sein d’Air France « , s’est félicité le directeur général d’Air France-KLM Benjamin Smith dans un communiqué diffusé dans la foulée lundi.

Le choix du nouveau patron canadien de jouer la carte de la compagnie à bas coûts, en progression avec 15,8 millions de passagers transportés en 2018 –soit une augmentation de 7,1% par rapport à 2017– vise à la fois à « protéger la taille actuelle d’Air France sur ses réseaux » et à « positionner Transavia France comme un acteur majeur sur le marché des compagnies low-cost », justifie la direction du groupe.

Cette stratégie suscite toutefois des inquiétudes chez les autres syndicats. Dans un courrier daté de vendredi, 12 organisations demandent à Benjamin Smith de les « rencontrer dans les plus brefs délais afin d’éclairer l’ensemble du personnel » sur le « projet industriel » auquel il réfléchit.

« On a une crainte: que les lignes domestiques Air France ou des lignes moyen-courrier basculent chez Transavia », indique à l’AFP Yves Joulin, secrétaire général de l’Unsa-Aérien Air France (2e syndicat) qui rappelle que la filiale à bas coûts recourt à la sous-traitance dans ses escales.

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