Air France: l’accord de détachement des pilotes chez Transavia remis en cause

PARIS, 16 décembre 2016 (AFP) – Le syndicat de pilotes majoritaire (SNPL) à Transavia a dénoncé l’accord d’entreprise permettant aux pilotes d’Air France d’être détachés dans la filiale à bas coût du groupe, ont indiqué vendredi à l’AFP des sources concordantes, confirmant une information de La Tribune.

Le SNPL Transavia avait accepté à regret de ratifier l’accord de détachement en décembre 2014, trois mois après une longue grève des pilotes d’Air France contestant l’essor de la filiale low cost.

Il permettait à Transavia de développer sa flotte de 14 à 40 avions et fixait les conditions de détachement pour les pilotes d’Air France volontaires pour voler chez Transavia.

Les pilotes et copilotes de la compagnie à bas coût née en 2007, se sont toujours estimés lésés par l’accord de détachement qui, selon eux, avantage leurs collègues d’Air France dans l’attribution des postes et l’avancement de carrière.

« Deux ans après, le bilan est dramatique : tout est bloqué, et les pilotes de Transavia continuent de subir les conséquences des iniquités générées par la signature de ces accords », affirme le SNPL Transavia, selon les extraits d’une lettre interne, datée de mercredi, révélée par le journal économique La Tribune.

La dénonciation de l’accord n’a pas de conséquence dans l’immédiat. S’ouvre désormais une phase légale de renégociation de 15 mois.

« La direction de Transavia France prend acte des décisions du SNPL Transavia concernant certains accords collectifs pilotes », a-t-elle indiqué à l’AFP.

Elle rappelle que « ces accords ont permis le développement rapide de Transavia France tout en fixant de nouvelles règles de gestion des carrières et de recrutement des pilotes » et « confirme que la voie du dialogue et de la négociation continuera à être privilégiée ».

Les pilotes d’Air France avaient mené une grève inédite de deux semaines en septembre 2014 contre les conditions de développement de Transavia France et un projet de compagnie paneuropéenne à bas coûts, avec des personnels sous contrat local.

Le mouvement s’était terminé sans accord. Le SNPL Air France, majoritaire dans la compagnie historique, avait finalement signé le 10 décembre un accord quadripartite (entre Air France, Transavia et leurs organisations syndicales respectives). Le SNPL Transavia avait décidé de ratifier l’accord deux semaines plus tard.

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