Air France: l’accord salarial 2018 dénoncé par une majorité de syndicats

PARIS, 6 février 2018 (AFP) – L’accord salarial 2018 signé à Air France va devenir caduc en raison du véto mis par une majorité de syndicats, qui le jugent « totalement insuffisant » et réclament la reprise des négociations, sur fond de menace de grève, a-t-on appris mardi auprès d’eux.

Les organisations CGT, SNPNC/FO, l’Unsa et les syndicats de pilotes SNPL et Spaf, qui totalisent 52,6% des voix, ont décidé de faire valoir leur droit d’opposition pour bloquer l’accord signé par la CFE/CGC et la CFDT.

Celui-ci prévoit une augmentation générale – la première depuis 2011 – de 0,6% au 1er avril et 0,4% au 1er octobre, pour tous, et une enveloppe d’augmentations individuelles (primes, promotions, ancienneté…) de 1,4 % pour les agents au sol.

Accorder ces sommes, alors que « 2017 s’annonce comme une année exceptionnelle pour Air France » sur un plan financier, « est totalement insuffisant », a signifié FO.

Les différentes mesures « ne compensent aucunement l’inflation subie depuis 2011 » et restent très éloignées « des demandes de certains d’une augmentation de 6% ou d’une augmentation uniforme de 200 euros » mensuels, a insisté l’Unsa.

L’usage du droit d’opposition, « une démarche forte et inédite » à Air France, vise à « ouvrir de nouvelles négociations », selon le syndicat.

« Le but c’est bien évidemment d’aller chercher ces 6% », a indiqué à l’AFP Vincent Salles de la CGT, estimant que l’offre de la direction ne représentait que « 0,55% d’augmentation générale » sur une année complète.

Une intersyndicale doit se tenir jeudi pour tenter de bâtir des revendications communes, d’après des sources syndicales qui évoquent également la possibilité d’une grève.

Air France « a indiqué aux organisations syndicales opposées à la mise en place de cet accord que les négociations ne pourraient pas être rouvertes », a rappelé la direction dans une déclaration écrite à l’AFP.

En outre, « un conflit serait destructeur à un moment où la compagnie a retrouvé une dynamique de croissance lui permettant d’envisager une politique d’augmentation générale pour la première fois depuis 2011 », a-t-elle souligné.

Dans une communication interne, consultée par l’AFP, l’entreprise avait indiqué qu' »à défaut d’accord, la direction serait amenée à mettre en oeuvre unilatéralement des mesures d’amélioration salariale moins favorables ».

Elle pourrait néanmoins revenir sur ce point. « La direction étudie la possibilité de préserver la proposition la plus favorable au bénéfice de l’ensemble des salariés », a-t-elle précisé mardi à l’AFP.

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