Air France: le SNPL regrette la fin des négociations, texte « pas signable en l’état »

PARIS, 9 février 2017 (AFP) – Le syndicat de pilotes majoritaire à Air France, le SNPL, a regretté jeudi auprès de l’AFP l’arrêt des négociations sur le plan stratégique « Trust Together », affirmant que le projet d’accord n’était « pas signable en l’état ».

Les négociations, qui portent essentiellement sur la création d’une filiale à coûts réduits, « sont loin d’être abouties », a commenté Philippe Evain, président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) d’Air France.

La direction a mis un terme aux discussions mercredi et indiqué aux représentants des pilotes (SNPL et Spaf) qu’elle transmettrait un projet d’accord final jeudi.

Pour M. Evain, ce n’est « pas un texte signable en l’état ». « Au-delà même des divergences de fond, le projet de texte n’est pas abouti », a-t-il insisté.

« A la fin, ce qui est sur la table ressemble furieusement à ce qui y était au début », tranche le responsable syndical, qui préfère évoquer une « suspension » des négociations.

Interrogé en marge d’une cérémonie à Roissy, le PDG d’Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, a contesté ces propos. « On ne peut absolument pas dire que le projet qui est sur la table aujourd’hui est le même qu’au début », a-t-il dit à quelques journalistes.

La direction souhaite créer une filiale à 100% d’Air France, positionnée au départ de Roissy sur des lignes moyen et long-courrier actuellement non rentables. Pour alléger les coûts d’exploitation, elle veut recruter des hôtesses et stewards payés nettement moins cher qu’à Air France.

Elle a accepté au cours des négociations que les pilotes de la nouvelle compagnie à coûts réduits conservent les règles d’utilisation et de rémunération d’Air France, ce qui n’était pas son plan initial.

Le SNPL, opposé au principe d’une filiale, interroge actuellement les 3.700 pilotes d’Air France sur cette question: « Approuvez-vous l’externalisation d’une partie de l’activité et de la flotte long et moyen-courrier d’Air France dans une nouvelle structure ? ». La fin de la consultation, prévue lundi, pourrait être repoussée de quelques jours.

Les membres du Conseil du SNPL, sorte de parlement du syndicat, devraient débattre dans deux semaines du projet d’accord, sans forcément rendre un avis définitif. Le syndicat pourrait ensuite lancer un référendum sur la globalité du texte.

Les négociations ont porté sur l’intégralité du plan stratégique d’Air France-KLM, « Trust Together » (la confiance ensemble), dont la nouvelle compagnie est une composante essentielle. Le solde du plan de restructuration précédent « Transform 2015 » et le partage d’activité entre Air France et sa consoeur néerlandaise KLM ont aussi été abordés.

Ces projets ne peuvent pas aboutir sans la signature du SNPL, majoritaire dans le collège pilotes avec 65% des voix pilotes.

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