Air France: les négociations sur les salaires avancent à grand pas

PARIS, 18 octobre 2018 (AFP) – La direction d’Air France et les syndicats représentatifs de la compagnie doivent se retrouver jeudi après-midi pour une deuxième réunion consécutive de négociation sur la revalorisation générale des salaires, la direction visant un accord pour signature vendredi, a appris l’AFP.

« Sauf changement de dernière minute, la direction souhaite un accord pour signature vendredi soir », a indiqué à l’AFP Christophe Dewatine, de la CFDT.

Interrogée par l’AFP, le direction n’a pas souhaité faire de commentaires ni évoquer l’avancée des négociations.

Mais de sources concordantes, direction comme syndicats souhaitent aller vite, alors que le conflit sur les salaires a conduit entre février et mai à 15 jours de grèves coûteuses (335 millions d’euros) et à une crise de gouvernance au sein d’Air France-KLM, dont le patron Jean-Marc Janaillac, désavoué par le personnel lors d’une consultation sur un accord salarial lancée par la direction, a démissionné en mai.

Au point mort pendant plus de quatre mois, le dialogue sur les salaires a repris début octobre sous l’impulsion du nouveau directeur général d’Air France-KLM, Ben Smith, soucieux de mettre derrière lui cette épineuse question pour pouvoir s’atteler à un autre défi: la stratégie du groupe franco-néerlandais.

Ben Smith a récemment proposé une hausse générale des salaires de 4% sur 2018-2019, alors que l’intersyndicale d’Air France, regroupant des syndicats représentatifs et non représentatifs et à l’origine des grèves, réclamait jusqu’ici un rattrapage des salaires de 5,1% pour la période 2012-2017.

La direction propose 2% de hausse rétroactive au 1er janvier 2018 et 2% de hausse au 1er janvier 2019, ainsi qu’une réunion en octobre 2019 pour « discuter de l’avenir ».

Les négociations officielles, qui ont lieu seulement avec les syndicats représentatifs (CFE-CGC, FO, Unsa Aérien, CGT, CFDT et les syndicats de pilotes SNPL et Spaf), ont débuté mercredi matin.

De sources concordantes, la direction a précisé ses propositions à l’issue de cette réunion. Le projet d’accord qui sera discuté jeudi après-midi prévoit une « valeur plancher minimum en euros » pour les augmentations générales, conformément à une revendication portée notamment par l’Unsa-Sol.

Le texte prévoit aussi que la négociation sur les augmentations individuelles pour le personnel au sol soit désormais déconnectée de celle sur les augmentations générales de salaires. Elle devra avoir lieu d’ici la fin de l’année et se fera uniquement avec les organisations représentatives du personnel au sol.

Par ailleurs, une augmentation du montant de la prime uniforme annuelle (1.400 euros bruts) versée en juin à tout le personnel devrait être débattue.

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